Face à Donald Trump, la confiance des Européens envers les États-Unis au plus bas
Les États-Unis sont-ils toujours considérés comme des alliés par les Européens ? Un rapport du Conseil européen des relations étrangères (ECFR) révèle une chute significative de la confiance des Européens envers Washington, exacerbée par le retour de Donald Trump au Bureau ovale. Ce dernier a récemment menacé plusieurs pays, y compris d’envahir le Groenland, et a imposé des droits de douane qui ont intensifié les tensions avec l’Union européenne.
Selon l’enquête menée dans 15 pays européens, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et le Royaume-Uni, seulement 11 % des répondants considèrent actuellement les États-Unis comme un « allié », un niveau qualifié d’historiquement bas. Ce chiffre est deux fois inférieur à celui observé en novembre 2024, avant l’élection de Trump. Bien que la majorité des Européens perçoivent les États-Unis comme un « partenaire nécessaire », un quart des sondés, notamment au Danemark, en France, en Espagne et en Suisse, voient Trump comme un rival, voire un adversaire.
Dans ce contexte, les Européens ne s’attendent pas à ce que les États-Unis les protègent. Au contraire, ils se tournent davantage vers leurs voisins européens pour asr leur sécurité. À l’exception de la Bulgarie, la majorité des répondants dans les autres pays sondés est convaincue qu’au moins certains pays européens viendraient à leur aide en cas d’attaque. Par exemple, 43 % des Danois se disent « très confiants » quant à la solidarité de leurs voisins.
Face à l’incertitude concernant l’engagement américain, de nombreux Européens expriment le souhait de renforcer la défense européenne, notamment face à la menace russe. Une majorité des sondés se déclare favorable à une augmentation des dépenses de défense et à la création d’une force de dissuasion nucléaire indépendante. Cependant, une réticence notable persiste à réduire d’autres dépenses publiques pour financer cette défense, particulièrement en Italie, où 63 % des répondants s’opposent à cette idée.
En outre, 47 % des Européens soutiennent l’idée d’un emprunt collectif de l’UE pour financer une augmentation des dépenses militaires, et 66 % des Français estiment que leur pays devrait acheter moins de matériel militaire américain pour investir dans l’industrie européenne.
Malgré ces aspirations, l’idée de remplacer l’OTAN par une structure de défense exclusivement européenne ne recueille qu’un soutien limité, avec seulement 29 % d’avis favorables. Face à ces résultats, l’ECFR recommande aux dirigeants européens de saisir l’opportunité de promouvoir une défense européenne avant que l’opinion publique ne change.
Source : L’Express
