Environnement. « Pas de fusil sur les cendres » : une pétition veut interdire la chasse dans les forêts brûlées

« Pas de fusil sur les cendres » : une pétition veut interdire la chasse dans les forêts brûlées

Faut-il laisser les animaux sauvages tranquilles dans les forêts ravagées par les flammes ? Cette question prend de l’ampleur alors que les incendies touchent plusieurs territoires de l’Hexagone cet été. Une pétition lancée sur Change.org par Bruno Valentin, gérant d’un refuge pour animaux dans le Cantal, a franchi ce jeudi le seuil des 300 000 signatures. Le texte interpelle directement le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et réclame un « moratoire d’au moins trois ans sur la chasse dans les massifs forestiers touchés par les incendies ». Toutes les formes de chasse seraient concernées : chasse à tir, chasse à courre et vénerie sous terre.

Pour les signataires, les animaux ayant survécu aux flammes doivent pouvoir disposer de zones refuges où ils ne seraient pas traqués. La pétition réclame ainsi la création d’un périmètre de protection autour des espaces brûlés, le temps que la végétation se reconstitue et que les cycles de reproduction puissent reprendre. Bruno Valentin dénonce : « Il est inadmissible que l’on autorise la traque là où la nature tente de renaître. » La question est d’autant plus sensible que les conséquences des incendies sur la faune pourraient être considérables. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé que l’impact des feux serait « catastrophique d’ici la fin de l’été » pour la faune sauvage.

Une seconde initiative a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale. Elle demande une restriction de la chasse, mais de manière moins contraignante. Le texte réclame une « suspension temporaire de la chasse pendant l’été, notamment lors des périodes de très fort risque d’incendie ».

Face à ces demandes, les représentants des chasseurs s’opposent fermement à l’instauration d’un moratoire national. Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), déclare que « des mouvements politiques et des associations profitent de l’occasion pour se livrer à des nchères idéologiques concernant la faune dans les zones brûlées ». Il argue que la pratique de la chasse sur les territoires sinistrés se discutera au cas par cas avec les préfets, afin que « la chasse ne puisse en aucun cas être un facteur aggravant sur des espèces qui peuvent avoir beaucoup souffert ».

Le président de la FNC souligne que tous les animaux ne sont pas nécessairement victimes des incendies, et que certains, comme les sangliers et les cervidés, peuvent fuir les zones touchées et se réfugier dans des secteurs voisins, entraînant des situations de surpopulation. Entre moratoire national et gestion locale, le débat devrait se poursuivre alors que les autorités commencent à peine à mer l’ampleur des dégâts causés par les incendies.

Source : Le Dauphiné Libéré

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