Euthanasie en Belgique : une législation stricte présentée à tort comme laxiste sur les réseaux sociaux

Euthanasie en Belgique : une législation stricte présentée à tort comme laxiste sur les réseaux sociaux

Le 15 juillet 2026, les députés français ont adopté la loi instaurant un droit à « l’aide à mourir », suscitant de vives critiques dans le paysage politique. Cette adoption a été qualifiée de « loi d’abandon » par Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains et candidat à l’élection présidentielle. Sur les réseaux sociaux, des internautes évoquent la Belgique comme un exemple de dérive législative en matière d’euthanasie, pays qui a dépénalisé cette pratique dès 2002.

Certains internautes affirment que l’euthanasie en Belgique est désormais accessible aux personnes souffrant de dépression chronique ou simplement fatiguées de vivre. Ils avancent également que « un Belge sur vingt meurt désormais par euthanasie » et critiquent l’extension de cette possibilité aux mineurs en 2014. Cependant, ces affirmations méritent d’être nuancées.

La loi belge de 2002 a effectivement dépénalisé l’euthanasie, que ce soit pour des souffrances physiques ou psychologiques. Toutefois, cela ne signifie pas que des demandes fondées sur des souffrances psychiques entraînent un assouplissement des critères d’accès. Le docteur Michel Roland, médecin consultant à l’ADMD, souligne que « la fatigue de vivre n’est pas un diagnostic » reconnu. Il insiste sur l’importance de comprendre les motivations des patients avant de considérer une demande d’euthanasie.

Les chiffres concernant l’euthanasie en Belgique montrent que, entre 2018 et 2025, le nombre de décès par euthanasie a varié de 2 357 à 4 486 par an. Ce qui représente respectivement 2,13 % et 3,97 % des décès annuels. L’affirmation selon laquelle « un Belge sur vingt meurt par euthanasie » stime cette proportion, qui est en réalité d’environ une personne sur vingt-cinq.

L’augmentation du nombre d’euthanasies déclarées peut être attribuée à plusieurs facteurs, notamment le vieillissement de la population, mais également à une meilleure connaissance du dispositif par les professionnels de santé. Les euthanasies de mineurs restent exceptionnelles, avec seulement sept cas recensés depuis 2014, et 84,74 % des bénéficiaires sont âgés de plus de 60 ans.

La loi belge impose des critères stricts : la demande d’euthanasie doit être formulée de manière « volontaire, réfléchie et répétée », sans pression extérieure. De plus, deux avis de médecins indépendants sont nécessaires pour valider la demande. Dans les cas où le décès n’est pas imminent, trois médecins, dont un spécialiste, doivent être consultés. Pour les demandes liées à des troubles psychiatriques, quatre médecins doivent être impliqués.

Ainsi, la législation belge sur l’euthanasie est strictement encadrée et ne permet pas un accès généralisé à cette pratique pour des raisons telles que la fatigue de vivre ou des troubles psychologiques isolés. Les situations évoquées sur les réseaux sociaux demeurent minoritaires et sont soumises à des conditions précises.

Source : Les Surligneurs

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