Espionnage : le DDPS limite l’accès des voitures connectées
Le Département fédéral de la défense (DDPS) a élargi ses mes de protection contre l’espionnage, incluant des restrictions pour les voitures connectées à proximité de zones sensibles, comme le Centre pour la guerre électronique à Zimmerwald (BE). Le DDPS n’a pas fourni de détails sur la nature de ces restrictions. Un porte-parole a indiqué que « tout dépend du dispositif de sécurité de chaque site », sans préciser si les 30 Tesla acquises par l’armée pour ses officiers sont concernées.
Dans son rapport annuel sur la sécurité, le Service de renseignement a récemment mis en garde contre les véhicules connectés, en particulier ceux de fabrication chinoise. En conférence de presse le 25 juin, le directeur du Service de renseignement, Serge Bavaud, a recommandé aux personnes susceptibles d’intéresser les espions de ne pas utiliser de voitures connectées chinoises, les qualifiant de « smartphones sur roues ». Il a également signalé que les autorités chinoises collaborent avec les constructeurs automobiles, permettant un accès potentiel aux données enregistrées par ces véhicules.
Bavaud a noté que la Chine semble limiter l’accès de ses véhicules connectés à des infrastructures critiques, une observation qu’il juge significative.
Les marques se défendent
Pour illustrer les capacités de ces véhicules, la RTS a visité un magasin de la marque chinoise BYD à Genève. Un vendeur a décrit les voitures comme « ultra-connectées », avec des fonctionnalités de contrôle à distance, intégrant caméras et micros. Malgré les préoccupations, certains clients se montrent confiants quant à la connectivité offerte par ces véhicules.
Contactée, l’entreprise BYD a affirmé ne pas transmettre de données à la Chine et a déclaré respecter strictement les normes européennes et suisses en matière de protection des données. Les autres constructeurs chinois n’ont pas répondu, bien que plusieurs d’entre eux affirment respecter les règles européennes sur leurs sites.
L’Allemagne aussi en alerte
La Suisse n’est pas le seul pays préoccupé par cette situation. Des médias allemands rapportent que les services secrets allemands ont testé plusieurs marques chinoises, et une enquête a été ouverte en Bavière. Aux États-Unis, le président Biden a annoncé l’interdiction en 2025 de l’importation de véhicules connectés chinois et russes, ainsi que des logiciels associés, en raison de la concurrence accrue que représentent ces véhicules moins chers pour les constructeurs européens.
Source : RTS.

