Exposition à Montpellier : les créations révolutionnaires d'un des pionniers du design français révélées au musée Fabre

Exposition à Montpellier : les créations révolutionnaires de Pierre Paulin révélées au musée Fabre

Le musée Fabre de Montpellier accueille une exposition dédiée à Pierre Paulin, pionnier du design français, jusqu’au 1er novembre. Cette rétrospective met en lumière ses débuts, ses liens avec l’industrie, ainsi que des projets emblématiques, tels que le fumoir de L’Élysée, commandé par Georges Pompidou, et la réinterprétation du Vidéo Barnum.

Un succès précoce

La rétrospective, soigneusement conçue, souligne les débuts de Paulin dans les années 1950, une période marquée par le fonctionnalisme de l’après-guerre. À peine diplômé du Centre d’art et de technique (actuelle École Camondo) et après un stage chez le décorateur Marcel Gascoin, il se fait remarquer en 1953 au Salon d’arts ménagers. Son travail y est mis en avant, lui valant la couverture de la revue La Maison française.

La naissance du « design »

En 1958, Paulin rencontre Kho Liang le, designer chez Artifort, ce qui marque un tournant dans sa carrière. Ensemble, ils créent des pièces iconiques telles que le fauteuil F560, surnommé Mushroom, et le F582, connu sous le nom de Ribbon Chair. Ces créations, aux formes enveloppantes, jouent un rôle clé dans l’émergence du design en France.

De la série limitée au grand public

Paulin collabore ensuite avec divers éditeurs, notamment l’Atelier de recherche et de création du Mobilier national (ARC). Il conçoit des modèles grand public, comme le canapé Amphis de 1970, qui sera plus tard commercialisé sous le nom d’Osaka par Habitat. Sa philosophie de design repose sur l’utilité et le confort, comme il le souligne : « Le meuble doit être d’abord utile à celui qui s’en sert et confortable. S’il y a de la poésie, c’est tant mieux… mais c’est en plus. »

Bienvenue dans l’espace

La scénographie de l’exposition se distingue par sa sobriété, ponctuée de moments forts, comme le rapprochement entre un prototype de tente de 1969-1970 et des tenues de la collection « Couture Future » d’André Courrèges, évoquant l’esthétique « Space Age ».

Hommage à Georges Pompidou

Un des points d’orgue de l’exposition est le fumoir de l’Élysée, restauré et présenté pour la première fois. Ce décor, commandé en 1969 par Pompidou, se distingue par ses murs courbes et ses éléments intégrés, témoignant d’une vision novatrice qui a été démontée en 1974.

Le règne des tapis-sièges

L’expérience immersive Vidéo Barnum, réalisée par l’entreprise familiale de Paulin, présente des « tapis-sièges » qui allient confort et technologies, témoignant de l’actualité de ses idées, même quarante ans après leur conception.

Au temps des utopies

L’exposition présente également des maquettes du Residential Program (1968-1972) pour Herman Miller, ainsi que des projets de parterres pour les jardins du Palais Royal à Paris, illustrant la portée radicale des idées de Paulin.

Cette exposition constitue une occasion unique de redécouvrir l’œuvre d’un des grands maîtres du design français à travers une sélection variée et riche en significations.

Source : Connaissance des arts

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