Nous apprenons toujours, même après 40 ans
En France, depuis le 15 juin 2026, certains médicaments contre l’obésité sont remboursés par la Sécurité sociale. Daniel Drucker, l’un des chercheurs qui a participé à la découverte du GLP-1, retrace l’histoire de cette avancée médicale et évoque les nouvelles promesses de traitements.
Le 28 mai 2026, après plus d’un an et demi de discussions avec les laboratoires pharmaceutiques, le gouvernement français a décidé de rembourser les médicaments contre l’obésité, qui coûtaient entre 250 et 400 € par mois. Les médicaments Wegovy et Mounjaro sont désormais remboursés pour certains patients souffrant d’obésité massive ou sévère, accompagnée de pathologies graves. Cette décision a été très attendue par les patients. Un témoignage souligne : « Ce qui m’empêchait d’avoir ce traitement, c’était le coût. Aujourd’hui, cette prise en charge va m’aider. »
Le GLP-1, une hormone sécrétée naturellement par le corps humain, a été découvert par Daniel Drucker et son équipe à Boston dans les années 1984-1985. Initialement, les chercheurs cherchaient à comprendre son rôle. Ils ont observé que le GLP-1 stimule la production d’insuline. Par la suite, ils ont réalisé que cette hormone pouvait également réduire l’appétit. Drucker indique : « L’idée du coupe-faim est arrivée environ dix ans plus tard et cela a pris de nombreuses années pour le prouver. »
Le premier médicament pour la perte de poids a été approuvé en 2014, mais à ce moment-là, l’intérêt était limité. Les résultats ont montré que les patients pouvaient perdre entre 12 et 17 % de leur poids, une avancée considérable dans le domaine des médicaments anti-obésité. Aujourd’hui, certains traitements permettent de perdre jusqu’à 20 %, avec des perspectives d’atteindre 25 à 30 %.
Les médicaments anti-obésité, appelés analogues du GLP-1, reproduisent l’action de l’hormone. Les laboratoires Eli Lilly et Novo Nordisk dominent actuellement ce marché, qui représente des centaines de milliards de dollars, mais qui ne génère que peu de revenus pour les scientifiques à l’origine de ces découvertes.
Daniel Drucker, bien qu’il n’ait pas profité financièrement de cette avancée, continue de travailler sur le potentiel du GLP-1. Ce dernier a des effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire, réduisant les risques d’accidents vasculaires cérébraux et d’attaques cardiaques. Des essais cliniques en cours explorent également des applications pour traiter des maladies inflammatoires, des addictions et même le cancer.
« Même après 40 ans, nous apprenons toujours. Il semble qu’il y ait un énorme potentiel pour ces médicaments en matière de santé », conclut Drucker.
Source : Franceinfo


