Elevages intensifs de poulets : comment ils ont multiplié cette bactérie à l’origine de gastro-entérites

Élevages intensifs de poulets : la prolifération de Campylobacter et ses conséquences sanitaires

Une étude récente de l’Université d’Oxford met en lumière la multiplication par plus de 100 de la circulation de la bactérie Campylobacter dans les élevages de poulets industriels. Cette bactérie est responsable d’un grand nombre de gastro-entérites chez l’homme, et des mutations génétiques ont été identifiées, rendant la bactérie résistante aux antibiotiques.

L’infection à Campylobacter est l’une des causes les plus fréquentes de gastro-entérites bactériennes. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 550 millions de personnes tombent malades chaque année à cause de maladies diarrhéiques, dont 220 millions d’enfants de moins de 5 ans. Campylobacter figure parmi les quatre principales causes mondiales de ces maladies.

La transmission à l’homme se fait principalement par la consommation de viande de volaille contaminée. Les symptômes, tels que diarrhée, douleurs abdominales, fièvre, et vomissements, apparaissent généralement 2 à 5 jours après ingestion et peuvent durer de 1 à 2 semaines. Bien que l’infection soit souvent bénigne, elle peut s’avérer mortelle dans des cas rares, notamment chez les personnes vulnérables.

L’étude de l’Ineos Oxford Institute for Antimicrobial Research, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, a analysé près de 2 800 génomes bactériens provenant de poulets et d’oiseaux sauvages dans 30 pays entre 1979 et 2024. Les chercheurs ont constaté que l’expansion massive de l’élevage de poulets, qui a vu sa population passer d’environ 4,5 milliards à 31 milliards depuis les années 60, a créé des conditions idéales pour la propagation de Campylobacter.

Les modifications génétiques de Campylobacter, notamment celles liées à la résistance aux antimicrobiens et à la tolérance au stress oxydatif, ont été identifiées comme des facteurs clés de son adaptation. Les chercheurs soulignent que l’élevage industriel a permis à cette bactérie de se multiplier, ainsi qu’à d’autres souches bactériennes, créant ainsi des « éponges à agents pathogènes ».

L’étude met en évidence que les élevages industriels favorisent non seulement la propagation de Campylobacter, mais aussi d’autres bactéries. Une précédente étude avait déjà révélé que 80 % des infections humaines à Campylobacter dans l’Oxfordshire étaient liées à la viande de volaille, avec une grande partie de ces infections résistantes aux antibiotiques.

Comprendre comment les pratiques d’élevage influencent l’évolution bactérienne est crucial pour réduire le fardeau des maladies d’origine alimentaire, comme l’analyse Oakem Kyne, doctorant et premier auteur de l’étude, le souligne.

Source : Ineos Oxford Institute for Antimicrobial Research, Université d’Oxford.

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