Une part importante du transport mondial de marchandises s’effectue par voie maritime. Bien que la Suisse ne dispose d’aucun accès direct à la mer, le Rhin la relie aux grandes routes maritimes internationales. Les ports rhénans suisses de Bâle, où près de 10% des importations suisses sont transbordées, jouent un rôle clé à cet égard.
Le Rhin constitue un axe majeur de communication et de transport depuis l’Antiquité. Le mode de navigation des bateaux remontant et descendant le fleuve a fortement évolué au fil du temps, passant de la navigation à la rame et à la voile à des techniques modernes comme la propulsion à la perche.
Au 19e siècle, l’invention de la machine à vapeur a révolutionné la navigation, permettant de naviguer sans dépendre des conditions météorologiques. Pour rendre le Rhin navigable, son cours a été corrigé et rectifié.
Actuellement, la Convention de Mannheim, signée en 1868, demeure le fondement juridique de la navigation sur le Rhin. Cet accord international garantit la libre navigation, supervisée par la Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR), qui regroupe les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique, la France et la Suisse.
Le premier convoi remorqué, composé du remorqueur « Johann Knipscheer IX » et du chaland « Christina », a atteint Bâle en 1904, marquant une avancée significative dans le transport fluvial.
Le développement du transport de marchandises a nécessité l’extension des ports, notamment le port de Bâle-Petit-Huningue, creusé à partir de 1919. Cette diversification a permis d’accueillir des marchandises variées, allant des céréales aux produits chimiques.
La ville de Bâle est devenue un point névralgique dans l’axe nord-sud reliant Rotterdam à Gênes, facilitée par l’utilisation croissante de conteneurs, qui permettent un transbordement efficace entre bateaux, trains et camions.
Les activités portuaires évoluent constamment, avec une tendance vers l’économie circulaire et l’utilisation de sources d’énergie alternatives. La présence de femmes capitaines dans le secteur témoigne également de l’évolution des métiers liés à la navigation.
Aujourd’hui, la Suisse reste active dans la navigation rhénane, assumant la présidence de la CCNR en 2026 et 2027, et agissant comme gardienne de la Convention de Mannheim.

