À midi, on mange quoi : le sandwich chrikat, icône de la street food marocaine, menacé par l’inflation
Il existe un sandwich emblématique consommé aux quatre coins du Maroc : le chrikat, qui consiste en deux sardines ouvertes, farcies et collées l’une contre l’autre, le tout servi dans un pain rond. Ce plat populaire incarne une partie intégrante de l’histoire de la street food marocaine, aujourd’hui menacée par la hausse des prix.
Contexte factuel
Dans le quartier animé de Derb Omar à Casablanca, Hicham prépare ses chrikats. « Généralement, les gens ajoutent de la coriandre, de la harissa, du citron, du paprika et de l’ail. Le chrikat, c’est typiquement marocain, « made in Morocco » ! », explique-t-il. Les clients affluent dès le matin, certains venant même pour le petit-déjeuner. Hicham témoigne : « Il y a des clients qui sortent du travail affamés. Mon travail, c’est de vendre de la nourriture, mais je suis aussi un peu leur psychiatre. »
Ahmed, un coursier, se délecte de son sandwich chrikat, affirmant que c’est un repas rapide qui lui rappelle les plats de la maison. Il note qu’il lui faut seulement cinq minutes pour le déguster, soulignant l’importance des sardines dans la culture gastronomique marocaine.
Cependant, la situation devient préoccupante. Quelques rues plus loin, Bouchra a dû remplacer les sardines par des anchois dans ses sandwichs. Elle déplore : « Ça me fait de la peine de ne pas faire les chrikats, parce que c’est ce que les gens préfèrent. Le kilo de sardines coûte entre deux et trois euros, ce n’est pas possible. »
Données ou statistiques
La réduction du stock de sardines au large du Maroc, couplée à la hausse des prix imposée par les intermédiaires, explique pourquoi le sandwich chrikat devient de plus en plus rare dans les rues marocaines. Selon des rapports récents, le marché des sardines a connu une volatilité importante, impactant directement les prix et la disponibilité de ce produit de base.
Conséquence directe
La montée des prix des sardines menace non seulement la pérennité du chrikat, mais aussi l’accès à une nourriture emblématique pour de nombreux Marocains.
Source : RFI


