Equity Bank et le Palais des thés, ambassadeurs du thé kenyan haut de gamme - Afrique économie

Equity Bank et Le Palais des Thés : Ambassadeurs du thé kenyan haut de gamme

L’essentiel du thé kenyan se vend en vrac, au gouvernement ou à des multinationales, et finit en sachet. Moins de 5 % des feuilles cultivées au Kenya sont exportées comme thé haut de gamme. D’où le projet d’Equity Bank, un groupe financier implanté en Afrique centrale et en Afrique de l’Est, de s’associer à la chaîne française Le Palais des Thés pour créer de nouvelles opportunités commerciales.

« Le Kenya est le premier exportateur au monde, mais nulle part, vous ne voyez du thé « made in Kenya » », explique François-Xavier Delmas, fondateur du Palais des Thés. Son engagement à commercialiser du thé haut de gamme kényan est donc « un double challenge », car les fermiers sont habitués à privilégier le volume plutôt que le prix. « Il faut que les gens y croient sur place et il faut ici, en Occident, là où on est présent, faire comprendre aux buveurs de thé qu’au Kenya, on peut trouver des très bons thés », ajoute-t-il.

Le Palais des Thés a choisi la ferme de Gatanga, située à 1 700 mètres d’altitude, qui produit un thé haut de gamme depuis plusieurs années et cherche de nouveaux partenaires à l’exportation. « Nous avons tellement d’espace, et nous avons tout ce qu’il faut pour nous agrandir », déclare Cathryn Karanja, cofondatrice de Gatanga Industries. Elle espère que Le Palais des Thés augmentera ses achats, notamment de leur thé violet, qui connaît un grand succès sur le marché français.

Ce thé de qualité a l’avantage d’être acheté 30 à 40 fois plus cher que le prix moyen du thé kényan, ce qui pourrait transformer la vie des producteurs. James Mwangui, président d’Equity Bank, souligne l’importance du thé pour le pays, qui concerne 600 000 producteurs, dont la plupart sont clients de la banque. « On s’est dit que pour leur rendre la pareille, il fallait les aider à connecter leur thé au marché international », ajoute-t-il.

Produire du thé haut de gamme requiert un savoir-faire particulier : flétrissage, roulage, oxydation, séchage. « Chaque étape doit être surveillée comme le lait sur le feu », précise François-Xavier Delmas. La ferme de Gatanga a mis dix ans à construire son usine et à obtenir les documents nécessaires à l’exportation.

James Mwangui espère que l’incitation financière sera suffisante pour convaincre les fermiers de se concentrer sur la qualité. Cette initiative pourrait également transformer la production d’autres produits agricoles pour qu’ils passent de simples produits de base à des matières premières haut de gamme.

Source : RFI

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