Fragilisé par des pertes, Eramet ciblé par un consortium américano-émirati
Le groupe minier français Eramet, confronté à une perte nette de 477 millions d’euros en 2025 et de 195 millions d’euros au premier semestre 2026, prévoit une augmentation de capital de 500 millions d’euros, jugée « essentielle » pour sa survie. Dans ce contexte difficile, le consortium Orion Critical Mineral, soutenu par les États-Unis et les Émirats arabes unis, s’intéresse à une participation dans le capital d’Eramet, tandis que la famille Duval, premier actionnaire français, pourrait ne pas suivre cette levée de fonds.
Eramet a enregistré une perte nette de 195 millions d’euros pour les six premiers mois de 2026, en hausse par rapport aux 152 millions d’euros de l’année précédente. La PDG par intérim, Christel Bories, a déclaré que l’entreprise était en train de mettre en place les conditions nécessaires pour retrouver une croissance rentable et durable. Elle a ajouté que le plan de financement avançait selon le calendrier prévu, avec l’augmentation de capital à réaliser d’ici la fin de l’année.
Le principe de cette recapitalisation a été validé par les actionnaires en mai. Eramet a indiqué avoir reçu plusieurs marques d’intérêt d’investisseurs, bien que celles-ci soient encore considérées comme « non engageantes », et que les discussions se poursuivent.
En ce qui concerne le consortium Orion Critical Mineral, il envisage de prendre une part dans le capital d’Eramet, qui produit des métaux critiques comme le manganèse, le nickel, et, depuis fin 2024, du lithium, essentiel pour les batteries électriques.
Les actionnaires actuels, dont la famille Duval détient 37,22 % du capital et 43,5 % des droits de vote, ainsi que l’État, bénéficieront d’un droit de souscription préférentiel. Cependant, des rapports suggèrent que la famille Duval envisage de céder ses parts. Si elle ne participe pas à l’augmentation de capital, sa part dans l’actionnariat sera mécaniquement réduite.
La perte nette d’Eramet pour le premier semestre 2026 est en partie attribuée à une dépréciation de 112 millions d’euros de son activité de sables minéralisés au Sénégal, affectée par un incendie en février. L’entreprise a également annoncé un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros pour le semestre, soit une augmentation de 10 %.
Cette situation soulève des questions sur la souveraineté minière française et la transition énergétique, alors qu’Eramet prévoit une revue stratégique de son portefeuille et espère des accords avec des partenaires d’ici fin 2026.
Source : La Tribune.


