Quand l'inspection du travail débarque sur un chantier en pleine canicule :

Quand l’inspection du travail débarque sur un chantier en pleine canicule

Ce mercredi 29 juillet est le jour le plus chaud de la semaine en Champagne-Ardenne. Près de 37°C sont attendus dans l’après-midi à Reims. Face à ces fortes chaleurs, les entreprises du BTP sont tenues d’adapter les conditions de travail de leurs salariés.

« Bonjour, c’est l’inspection du travail ! ». Voilà la phrase que Jonathan, l’inspecteur de la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) a répétée une dizaine de fois ce mercredi 29 juillet. Son objectif : s’asr que les salariés du bâtiment travaillent dans les meilleures conditions durant ces vagues de chaleur qui se répètent depuis le début de l’été.

Dans leurs voitures, les inspecteurs de la Dreets ont chacun un secteur à leur charge. Ce mercredi, Jonathan se rend dans le sud-ouest de la banlieue rémoise pour effectuer des contrôles liés à la canicule, où 37 degrés sont attendus.

Le premier arrêt s’effectue au cœur d’un lotissement de maisons individuelles en construction. Au plus grand bonheur de Jonathan, tout est respecté : des bouteilles d’eau fraîches sont mises à disposition dans des glacières et les horaires de travail sont adaptés. « On fait 5h-13h. On fait comme ça tout l’été, comme ça, on commence de bonne heure et on finit de bonne heure. C’est mieux comme ça, la fatigue se ressent plus vite », explique David, un ravaleur effectuant des enduits de façade.

Néanmoins, il n’y a pas d’installations de chantier. Pas de toilettes, ni de salles de repos. Jonathan ne le relève pas puisque les trois artisans rencontrés ne venaient ici que pour la journée. D’ailleurs, Jonathan ne peut pas arrêter un chantier à cause de manquements liés à la canicule.

Quelques mètres plus loin, deux artisans s’attellent à la pose de pavés d’une maison dont la construction est presque terminée. Face à la chaleur, cette entreprise s’adapte également. « On n’a pas trop le choix, on commence une heure plus tôt le matin. On fait au jour le jour mais aujourd’hui, on annonçait 37 degrés, donc à 15h00 on aura fini [.] On est en plein soleil toute la journée », as Jérôme.

Un dernier groupe de travailleurs rencontré à l’autre extrémité du lotissement est également dans les règles. « C’est peut-être un sentiment individuel lié à mon secteur de contrôle mais je trouve qu’il y a une amélioration globale, une prise de conscience », as Jonathan.

Le secteur contrôlé, l’inspecteur reprend sa voiture et s’en va contrôler une nouvelle zone de chantier à quelques kilomètres. Une nouvelle zone pavillonnaire. Outre quelques manquements à la sécurité – l’échelle pour monter au-dessus d’un garage n’était, par exemple, pas fixée, pouvant rendre dangereuse la montée et la descente – le reste est dans les règles.

Nicolas Buczek, un chargé d’affaires et conducteur de travaux de la société Buczek, as avoir pris en compte la chaleur dans la gestion des salariés de l’entreprise. « On aménage les horaires. En cas d’extrêmes chaleurs, lorsque l’on dépasse les 35 degrés, on commence à 5h du matin et on finit avant midi. Malgré ça, cela reste tout de même difficile de tenir. Quand ce sont des chaleurs plus soutenables, on démarre à 6h et aux alentours de 13h30, ils sont au dépôt [.] Si certaines heures ne sont pas faites, elles seront récupérées au printemps ou en automne », explique-t-il.

« On ne ferait pas ça, nos salariés se mettraient en arrêt. C’est inhumain de ne pas mettre ça en place. Je ne comprends pas les sociétés qui ne le font pas. C’est intenable de travailler sous ces chaleurs [.] Quand vous travaillez sous 35 degrés, vous n’avancez pas, vous avez du mal à respirer, vous êtes obligés de descendre toutes les heures parce que vous avez la tête qui tourne, vous vous déshydratez très vite », poursuit-il.

Cette zone contrôlée, Jonathan reprend sa voiture. En plus de la route, il a l’œil pour repérer les chantiers ici ou là. Cet œil lui a d’ailleurs permis de détecter un ouvrier en danger. Seul sur le toit d’une maison en rénovation, sans aucun équipement de sécurité. Deux travailleurs sont interpellés. « Je vais vous faire un arrêt de travaux. J’arrête le chantier pour la toiture. Si vous voulez bosser en bas, vous pouvez. Pour la toiture, il faut mettre des garde-corps en place », leur indique Jonathan.

Les deux travailleurs n’ont pas de carte BTP sur eux, une carte professionnelle permettant d’identifier les professionnels du bâtiment. Outre les contrôles liés à la canicule, les contrôles de sécurité sur le terrain restent le chantier principal des inspecteurs de la Dreets.

Source : France Télévisions

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