La nouvelle canicule va encore accentuer la sécheresse déjà historique : 80 % de la France connaît des restrictions d’eau
28 juillet 2026 à 12h23
Lundi, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a présenté un bilan alarmant concernant la sécheresse qui touche actuellement la France. Plus de 80 % du territoire est désormais soumis à des restrictions d’eau, alors que la nouvelle canicule prévue cette semaine pourrait aggraver la situation.
Actuellement, 62 départements sont classés en « crise » en raison d’un taux d’humidité des sols exceptionnellement bas et d’une baisse significative des nappes phréatiques. La ministre a mentionné que les indicateurs actuels sont comparables à ceux des sécheresses historiques de 1976 et 2022. La canicule qui s’installe sur l’Hexagone est la troisième de l’année, après celles de juin et juillet, ainsi qu’une canicule précoce en mai.
30 000 personnes face à des coupures d’eau
Monique Barbut a souligné que l’alimentation en eau potable est sous tension dans 47 départements. Actuellement, plus de 30 000 personnes, réparties sur 80 communes, subissent des coupures d’eau. En tout, 324 000 habitants sont concernés par des restrictions d’approvisionnement.
La situation est particulièrement critique dans l’est de la France. Selon Régis Taisne, chef du département cycle de l’eau à la FNCCR, certaines zones, notamment dans le Doubs, le Jura et le Massif central, manquent d’eau à distribuer.
Un coût économique bien supérieur à celui de la sécheresse de 2022
La ministre a également averti que les coûts économiques liés à cette sécheresse pourraient surpasser les 5,6 milliards d’euros estimés pour l’épisode de 2022, qui avait déjà engendré des pertes significatives dans l’agriculture et des dommages aux infrastructures.
Les incendies de forêt, alimentés par la sécheresse, ajoutent une pression supplémentaire sur les ressources en eau, transformant les broussailles et les champs en combustibles hautement inflammables.
Risques de tensions sociales
La Coordination rurale, un syndicat agricole, a récemment incité les agriculteurs à ignorer les restrictions d’irrigation, suscitant des inquiétudes quant à des tensions potentielles autour de l’accès à l’eau. L’association France Nature Environnement a dénoncé une lenteur dans l’application des réglementations et a mis en garde contre les conséquences d’une telle désobéissance.
Monique Barbut a rappelé que le respect des mes de restriction est essentiel pour éviter des conflits autour de l’eau. Elle a également noté que le réchauffement climatique pourrait multiplier par quatre la fréquence des sécheresses en France d’ici 2050.
Source : Ministère de la Transition écologique
