Un élève contraint de changer d’établissement à cause du comportement de ses parents
Un décret publié mercredi autorise le transfert d’un élève de primaire, collège ou lycée lorsque le comportement d’un parent compromet gravement le fonctionnement normal de l’établissement. Cette me, qui vise à protéger les enseignants dans un climat scolaire tendu, s’applique également si le comportement d’un membre de la famille met en danger la sécurité ou la santé d’un membre de la communauté éducative.
Le directeur d’école est désormais tenu d’informer le directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen), qui pourra, après dialogue avec les parents, demander la radiation de l’élève et son inscription dans une autre école de la commune. Dans le cas des collèges et lycées, le Dasen peut directement affecter l’élève à un autre établissement après discussion avec les parents. Un suivi pédagogique, éducatif et social renforcé sera mis en place jusqu’à la fin de l’année scolaire pour les élèves concernés.
Professeurs et parents d’élèves inquiets
Ce projet de décret, présenté fin juin, a suscité de vives inquiétudes parmi certains syndicats de professeurs et des parents d’élèves, qui s’interrogent sur ses implications. Les critiques portent notamment sur les conséquences potentielles sur l’image que l’enfant pourrait avoir de l’école et les liens avec ses amis. En juillet, des syndicats d’enseignants et des représentants des parents ont quitté une réunion avec le ministère en signe de protestation. La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) a déclaré qu’il était inacceptable de sanctionner un enfant pour les actes de ses parents.
Données préoccupantes
Selon une étude du service statistique du ministère de l’Éducation nationale, quatre incidents graves pour 1 000 élèves ont été signalés dans les écoles primaires pour l’année 2024-2025, marquant un léger recul par rapport à l’année précédente. Ces incidents concernent principalement des violences verbales (45%), dont un tiers sont attribuées aux familles, visant principalement le personnel éducatif (61%). Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a affirmé que l’amélioration du climat scolaire était l’une de ses priorités, appelant à un retour à une civilité souvent remise en question par le comportement de certains élèves et de certains parents.
Source : DNA.
