Des systèmes de brumisation installés à l’échelle de villes entières en Chine pour lutter contre la chaleur ?
Le phénomène des systèmes de brumisation en Chine a récemment suscité un vif intérêt sur les réseaux sociaux. Une publication sur Facebook souligne que « la Chine de Xi déploie des systèmes de refroidissement à l’échelle des villes. Extraordinaire ingénierie pour sauver des vies humaines ». Cette affirmation est accompagnée de vidéos montrant des brumisateurs installés sur des immeubles et au-dessus des routes, générant une pluie artificielle. L’auteur de la publication critique l’inaction supposée de l’Europe face aux canicules, en soulignant que des milliers de personnes y meurent encore à cause de la chaleur.
Ces vidéos sont largement partagées alors que l’Europe a récemment connu des vagues de chaleur record en juin et juillet. La question se pose : qu’en est-il réellement de ces installations ?
Le cas viral d’un complexe résidentiel à Yuncheng
Une vidéo virale montre des installations produisant une pluie artificielle sur les toits de divers immeubles à Yuncheng. Le gouvernement chinois a saisi cette opportunité pour promouvoir sa technologie. Plusieurs comptes gouvernementaux, dont l’Ambassade de Chine en France et le ministère des Affaires étrangères, affirment que certains immeubles résidentiels dans la province du Shanxi sont équipés de systèmes de brumisation capables de réduire la température locale de 5 à 8 °C sans humidité au sol.
Une recherche d’image a confirmé qu’il s’agit de la résidence Xijian Tianmao Guobinfu, où plus de 10 millions de yuans (environ 1,3 million d’euros) ont été investis pour ces systèmes. Les travaux sur sept bâtiments devraient être achevés d’ici août 2024.
Des initiatives majoritairement privées ou locales
Cependant, ces dispositifs sont limités à certains immeubles. L’idée que ces brumisateurs seraient déployés à l’échelle des villes est exagérée. La Chine a mis en place un cadre stratégique d’adaptation climatique des villes depuis 2013, renforcé par un programme pilote en 2017, mais cela ne mentionne pas spécifiquement l’installation de brumisateurs.
La plupart des initiatives semblent être privées, comme à Chongqing, où des brumisateurs ont été installés à des arrêts de bus par le groupe de e-commerce JD.com. Des collectivités locales, comme Wuhan, ont également mis en place des « camions-canons à brume » pour rafraîchir les chaussées pendant les pics de chaleur.
Les données sur l’efficacité de ces installations, y compris leur impact sur la température, ainsi que leur consommation d’eau et d’énergie, ne sont fournies que par des sources officielles et des médias d’État, ce qui nécessite une certaine prudence dans l’interprétation.
Quelques initiatives à petite échelle en France
En Europe, des dispositifs de brumisation existent, mais à une échelle bien moindre. À Lyon, sous les toiles de la place Bellecour, des brumisateurs ont été installés depuis le 18 juin. La mairie de Paris a également indiqué qu’environ 200 nouvelles fontaines brumisantes ont été ajoutées dans la capitale depuis 2020.
L’Agence parisienne du Climat a précisé que la consommation d’eau des brumisateurs dépend de leur usage, de leur durée de fonctionnement et de leur conception. En général, elle est estimée à environ 50 litres par jour pour les petites structures fonctionnant par intermittence.
Source principale : Facebook, médias d’État chinois.
