Les régimes politiques au Mali : Un regard sur l’évolution depuis l’indépendance
Au Mali, le retour à l’ordre constitutionnel et l’organisation d’élections sont des sujets de débat public, comme l’a souligné Mahamadou Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, lors de sa récente visite dans le pays. La question de la tenue d’élections pour mettre fin à la transition militaire rappelle les différents régimes politiques qui ont dirigé le pays depuis son indépendance en 1960.
Depuis cette date, le Mali a connu plusieurs régimes, allant de la dictature militaire à la démocratie. Djibrilla, un sexagénaire, a été témoin de cinq présidents, dont Assimi Goita et Ibrahim Boubacar Keita, ainsi que des figures marquantes comme Amadou Toumani Touré, Alpha Oumar Konaré et Moussa Traoré. Il se souvient que, sous le régime de ce dernier, qui a duré de 1968 à 1991, les Maliens faisaient preuve d’une certaine retenue face à la corruption.
Djibrilla déclare : « Sous le régime du général Moussa Traoré, il était impensable que les fonds destinés à la réalisation des projets soient détournés. Personne ne se hasardait dans cette aventure, car tout le monde connaissait les conséquences. Certes, à cette époque, le niveau du développement du pays laissait à désirer, mais ces actes étaient au bénéfice des populations. »
Cependant, la transition vers la démocratie a été entachée par une augmentation notable de la corruption. Djibrilla exprime son inquiétude quant à cette situation, qui perdure depuis des décennies.
Les jeunes, comme Boubacar, étudiant né dans les années 2000, ont une perception différente de la démocratie. Il évoque les difficultés rencontrées durant son parcours scolaire, notamment une grève de neuf mois à l’université sous le régime d’Ibrahim Boubacar Keita. Boubacar constate également une hausse inquiétante du banditisme et de la consommation de drogue parmi les jeunes, affirmant que la lutte contre ces fléaux devrait être une priorité pour les autorités, quel que soit le régime en place.
Les Maliens se remémorent leurs expériences passées tout en espérant un avenir meilleur, où la gouvernance sera plus transparente et axée sur le développement socio-économique.
Source : Deutsche Welle
