Le secret de l’étoile géante Bételgeuse est finalement percé
Tous les passionnés d’astronomie se souviennent probablement qu’au cours de la dernière décennie, l’étoile Bételgeuse a souvent fait la une de l’actualité, avec des inquiétudes concernant son état. Cette étoile, bien connue de l’humanité, est visible à l’œil nu dans la constellation d’Orion. Ce n’est qu’au XXe siècle que l’on a compris qu’il s’agissait d’une supergéante rouge, dont la masse est estimée entre 15 et 20 fois celle du Soleil et le rayon entre 700 et 1 000 fois celui du Soleil.
Au cours du siècle dernier, les astronomes ont également compris que Bételgeuse est instable et devrait bientôt exploser en supernova. Toutefois, la question demeure : quand cela se produira-t-il ? À environ 650 années-lumière de la Terre, une telle explosion pourrait avoir un impact significatif sur la biosphère et la noosphère.
Bételgeuse, une étoile variable
Récemment, une diminution brutale de la luminosité de Bételgeuse avait alimenté les spéculations sur une explosion imminente. Heureusement, Miguel Montargès, astronome à l’Observatoire de Paris – PSL, a montré que cet assombrissement était dû à l’éjection d’un nuage de poussière masquant temporairement l’étoile.
Montargès a continué à étudier Bételgeuse et, à la tête d’une équipe internationale d’astronomes, il a publié un article dans la revue Astronomy & Astrophysics. Cet article apporte la preuve que Bételgeuse est en réalité une étoile double. Sa compagne, observée pour la première fois grâce à des techniques avancées, était trop proche en luminosité pour être détectée auparavant.
Une étoile double
Les astronomes avaient des indices concernant la double nature de Bételgeuse depuis presque un siècle, notamment à travers une variation périodique de sa luminosité. Les dernières observations laissent entendre qu’à la fin de 2024, l’étoile compagne sera dans une position favorable pour être observée avec l’instrument Sphere, installé sur le Very Large Telescope (VLT) au Chili.
On pense maintenant que Bételgeuse B contient entre 2 à 3 masses solaires et décrit une orbite autour de Bételgeuse A en environ six ans.
Cette découverte marque l’aboutissement d’une quête longue d’un siècle et ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude des étoiles massives et évoluées.
Source : Futura Sciences
