Madagascar : La société civile organise ses propres consultations en l’absence de concertation nationale
À Madagascar, la concertation nationale, qui doit être orchestrée sous l’égide des Églises chrétiennes, n’a toujours pas débuté. Les modalités et le calendrier de ce processus restent flous, incitant plusieurs organisations de la société civile à prendre les devants en organisant leurs propres consultations à travers le pays. Ces initiatives visent à anticiper les problématiques à aborder lors de la concertation et à formuler des propositions concernant la nouvelle Constitution et le futur système électoral. Parmi ces organisations, le Conseil national des femmes de Madagascar a réuni à Antananarivo une cinquantaine de femmes engagées pour une réflexion de deux jours.
Issues de divers horizons, ces participantes, comprenant des membres de la société civile, des partis politiques, ainsi que des représentants de la génération Z et de l’administration publique, se penchent sur les enjeux à discuter lors de la future concertation. Hélène Razafindrasoa, présidente de la Fédération des femmes paysannes de Madagascar, souligne que l’insécurité foncière constitue un problème majeur en milieu rural. Elle déclare : « L’accès aux terrains pour les jeunes et les femmes est difficile car les procédures sont longues et complexes, et beaucoup ne savent ni lire ni écrire. Il faudrait faciliter ces procédures. »
Eléonore Johasy, ancienne ministre et coordinatrice du parti politique Tsara Tahafina, participe également aux ateliers. Elle plaide pour une discrimination positive en faveur des femmes dans le futur dispositif électoral, afin d’accroître leur représentation dans les institutions et de leur permettre de contribuer à la nouvelle organisation sociétale malgache.
Les propositions formulées durant ces ateliers sont consignées sur de grandes feuilles de papier, sous l’œil d’Estelle Andriamasy, présidente du Conseil national des femmes de Madagascar. « Notre objectif est d’avoir des recommandations bien réfléchies pour ne pas être prises au dépourvu. C’est une préparation à notre participation à la concertation nationale », ajoute-t-elle. Ainsi, lorsque la concertation sera finalement organisée, des propositions concrètes seront déjà prêtes.
Initialement prévue, cette concertation a été reportée à trois reprises. Elle doit servir de fondement à la rédaction de la Constitution de la Ve République, qui devrait être adoptée par référendum en juin 2027.
Source : RFI
