Le gouvernement ferme les yeux sur les logements bouilloires
Alors que les canicules se sont succédé au début de l’été, le gouvernement a présenté, le 25 juin, un projet de loi sur le logement qui, dans sa version initiale, ne contenait aucune me sur l’adaptation à la chaleur. Grâce à la mobilisation des associations, des professionnels, des citoyens et des parlementaires, des mes visant à faciliter l’adaptation des logements ont été obtenues. Toutefois, l’exécutif continue d’ignorer le fait qu’en matière de chaleurs extrêmes, les inégalités sont marquées.
La répétition des fortes températures a conduit les médias à considérer la canicule comme un enjeu de politique publique, avec des impacts sur les conditions de vie dans les écoles, les hôpitaux, les lieux de travail et les logements. L’étude 2026 de la Fondation pour le logement souligne qu’un logement sur deux ne protège pas des fortes chaleurs, notamment parce que plus de 40 % des logements en France ne sont pas équipés de volets. Les populations les plus vulnérables, comme les locataires, les jeunes, les habitants des quartiers populaires, et les personnes âgées ou malades, sont les plus touchées.
Dans le bilan provisoire de la canicule de fin juin, Santé publique France a mis en avant une surmortalité de + 30 %, avec une hausse de 90 % des décès à domicile. Les victimes ne meurent pas seulement « de chaud », mais par manque de protection dans leurs logements.
Cette situation soulève des questions sur l’adaptation des logements aux fortes chaleurs. Des gestes simples, tels que l’installation de volets et de brasseurs d’air, ainsi que la végétalisation des toitures, pourraient considérablement améliorer le confort thermique. Cependant, le débat est souvent réduit à la question de la climatisation, une solution qui, sans mes préalables, peut s’avérer insuffisante. En juin, le système de climatisation du quartier de la Défense était déjà sous tension, et une ville entière, Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), a été privée d’électricité durant la canicule.
Les solutions structurelles, comme l’isolation thermique, sont souvent remises en question. Une étude de juin 2026 du collectif Rénovons démontre que l’isolation peut réduire la température intérieure de cinq degrés en moyenne lors des pics de chaleur.
Le gouvernement a annoncé la suppression, dès septembre, de toutes les aides MaPrimeRénov’ pour les gestes d’isolation, se concentrant uniquement sur les pompes à chaleur. Une meilleure politique d’isolation thermique, adaptée aux deux extrêmes climatiques, est possible à condition de s’en donner les moyens.
Le projet de loi « Relance logement », examiné durant la canicule de juin, a été voté au Sénat le 8 juillet. Le texte initial n’intégrait aucune me pour l’adaptation des logements et reportait de cinq ans l’obligation de travaux pour les logements passoires thermiques. Des amendements ont été adoptés, facilitant la pose de volets et intégrant les travaux de confort d’été dans la définition de la rénovation globale. Cependant, le texte ne prévoit rien pour les locataires, qui sont pourtant les premiers concernés.
Un appel « Pas de volets = pas de loyers » a été signé par 50 000 personnes en quelques jours sur Change.org, soulignant l’absence de mes de protection pour les locataires. Le combat se poursuivra à l’Assemblée nationale en octobre, avec l’espoir que l’intérêt pour l’adaptation des logements aux canicules ne soit pas saisonnier.
Source : Fondation pour le Logement, Santé publique France.
