Découverte de l’anneau géant de Quaoar : un phénomène inattendu
L’astrophysicien Bruno Sicardy, de l’observatoire de Paris, et son équipe ont récemment mis au jour un fait surprenant : la planète naine Quaoar, située au-delà de l’orbite de Neptune, possède un anneau. Cette découverte place Quaoar parmi les quatre petits corps connus du Système solaire à avoir un tel attribut. Fait encore plus étonnant, cet anneau se trouve à une distance supérieure à sept fois le rayon de Quaoar, un emplacement inattendu.
Traditionnellement, les anneaux sont associés aux grandes planètes du Système solaire, comme Saturne. Cependant, des observations menées depuis 2013 ont remis en question cette idée, révélant que des objets plus petits, comme les astéroïdes, peuvent également posséder des anneaux. La méthode d’occultation, qui analyse la diminution de la lumière d’une étoile lorsqu’un objet passe devant elle, a été essentielle dans cette recherche.
Les découvertes successives de Chariclo en 2013, Chiron en 2015, et Hauméa en 2017 ont ouvert la voie à la compréhension des anneaux autour de petits corps célestes. L’anneau de Quaoar, cependant, défie les attentes en étant situé bien au-delà de la limite de Roche, où l’on s’attendrait à ce que la matière s’agrège pour former un satellite.
Des expériences des années 1980 suggèrent que, dans les conditions froides du Système solaire externe, les particules de matière, semblables à celles de Quaoar, ont des collisions plus élastiques, ce qui empêche leur accrétion. Pour maintenir cet anneau dans le temps, il doit être confiné, ce qui semble être le cas, car l’anneau et Quaoar sont en résonance. Quand une particule de l’anneau effectue trois révolutions, la planète naine en effectue une.
Cette découverte soulève des questions sur les mécanismes de formation et de maintien des anneaux autour des petits corps du Système solaire.
Source : Pour la Science