L’association Le Café Suspendu a de nouveau dû organiser une maraude devant le local fermé du XV ème Corps. Dans la soirée du samedi 25 juillet, les bénévoles et les bénéficiaires ont signalé l’insuffisance des moyens mis en place pour les personnes en situation de précarité.
Ce jour-là, les bénévoles se sont retrouvés à la porte du local pour la troisième fois, sans les clés, en raison d’un manque de coordination entre les différents services municipaux. La distribution, prévue à 18h45, n’a pu débuter qu’à 19h30.
L’association du Café Suspendu organise des maraudes fixes à Nice. Les portions distribuées sont préparées par les bénévoles et collectées. Ces actions s’adressent aux personnes sans-abris et à celles en situation de précarité. La présidente, Camille Santucci, alerte sur le nombre croissant de personnes concernées, y compris des retraités et des personnes expulsées de leur logement. « Nous pouvons avoir une très bonne situation et à cause d’un divorce ou d’un décès, nous pouvons vite tomber de l’autre côté », a-t-elle déclaré.
Les maraudes fixes ne sont pas seulement une nécessité, elles créent également un moment de solidarité sociale entre bénévoles et bénéficiaires. Cependant, l’absence de ressources suffisantes freine cet engagement collectif.
Camille Santucci : « Nous voulons juste distribuer dans un endroit digne »
Des tickets ont été remis par une bénévole pour organiser le passage. Les sans-abri sont prioritaires. Une file s’est formée le long du bâtiment du XVème Corps, derrière la piscine Jean Bouin.
Face à un local fermé, les bénévoles ont dû installer les caisses de repas à même le sol, improvisant un comptoir. Après la fermeture du local Dabray, près de Gare Thiers, le Café Suspendu avait obtenu l’autorisation d’utiliser le local du XVème Corps.
« Malgré nos appels et ceux de l’astreinte du C.C.A.S., l’agence de sécurité est restée injoignable », a déploré l’association sur son compte Instagram, après une tournée solidaire le 11 juillet. En dépit de l’interdiction de maraudes de rue, l’association a encore dû distribuer les repas dans la rue.
« Nous nous sommes retrouvés face à une centaine de personnes qui attendaient simplement un repas.» Les élus de l’opposition à la mairie de Nice ont déjà alerté sur le manque d’action de la majorité municipale lors d’une conférence de presse, le 8 juillet. « Nous ne voulons pas de subventions, nous voulons juste distribuer dans un endroit digne », a réaffirmé Camille Santucci.
Un sentiment d’abandon
Le 25 juillet, bénévoles et sans-abris se sont de nouveau sentis isolés. « Nous sommes laissés à l’abandon, cela fait deux ou trois maraudes que nous faisons dans la rue », a regretté Léa, une bénévole depuis quatre ans. Les personnes vulnérables ressentent un mélange de reconnaissance et de colère. « Nous ne pouvons pas distribuer dans des conditions dignes et apaisantes pour eux », a constaté Camille Santucci.
En outre, le nombre d’associations actives a diminué. Nice connaît un été caniculaire depuis près d’un mois. « Ce serait bien qu’au moins l’été, la mairie pallie l’absence des maraudes, parce que là, il y a des gens qui n’avaient pas mangé depuis plusieurs jours », a déclaré Camille Santucci, en désignant des bénéficiaires. Le Café Suspendu a adapté ses actions à la période, distribuant des bouteilles d’eau, des salades de fruits et des repas froids.
Malgré ces difficultés, les usagers se sont montrés compréhensifs et certains ont aidé à porter les contenants alimentaires. L’ambiance entre bénévoles et bénéficiaires demeure empreinte de solidarité et de bienveillance.
Source : NicePremium
