Plus de 120 chevaux menacés par la faim dans un élevage en liquidation à Saint-Germain-du-Puy

À Saint-Germain-du-Puy, près de Bourges dans le Cher, une centaine de chevaux risquent de mourir dans les jours à venir, faute de nourriture. Placé en liquidation judiciaire, le couple de propriétaires, Agnès Corda et Gilles Coquard, déclare ne plus avoir les moyens de subvenir aux besoins de leurs équidés.

« Là on n’a plus d’argent. On ne peut plus payer la nourriture. Donc on va regarder les chevaux mourir, » explique Agnès Corda, visiblement affectée par la situation. Elle souligne que les poulains sont les plus vulnérables, car leurs mères n’ont plus de lait. Les juments suivront, puis le reste du cheptel.

Cette situation découle d’une procédure judiciaire qui dure depuis plusieurs années. En septembre 2019, l’entreprise d’Agnès Corda, l’EURL Sellerie Le Paddock, est placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Bourges. Un an plus tard, une saisie a lieu, laissant 57 chevaux sur place, dont le bien-être n’est plus assuré. Gilles Coquard affirme que le mandataire judiciaire n’a pas pris en charge ces animaux, ce qui a conduit à une dégradation de leur état.

L’entretien de ces chevaux, ajouté à ceux de leur propre exploitation, a pesé sur les finances de la ferme, menant à sa liquidation judiciaire en 2024. Les éleveurs affirment avoir investi près de 500 000 euros en deux ans pour nourrir les animaux, malgré l’absence de revenus.

Face à cette urgence, le préfet du Cher, Philippe Le Moing-Surzur, a réquisitionné deux livraisons de foin. La première a eu lieu il y a dix jours, suivie d’une seconde de 13 tonnes le 28 juillet 2026. Cependant, cette aide est considérée comme temporaire. Le préfet souligne la nécessité de trouver une solution durable pour éviter la souffrance animale.

Alors que le couple évoque un total de 120 équidés, la préfecture estime qu’il y en a environ 200, répartis sur différents terrains, ce qui complique davantage la situation. Philippe Le Moing-Surzur insiste sur l’importance d’agir rapidement pour résoudre ce problème.

Le couple, épuisé par la situation, espère récupérer une partie des 400 000 euros qu’ils ont investis et se dit prêt à se défaire de certains chevaux pour remettre leur activité à flot.

Source : France 3 Régions.

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