Esthétique et Authenticité : Le Congrès 2026 de la Société Française d’Esthétique à la Sorbonne
Le congrès 2026 de la Société française d’Esthétique se tiendra le samedi 28 novembre 2026 à l’amphithéâtre Chasles de la Sorbonne, à Paris. Cet événement mettra l’accent sur le concept d’authenticité, avec une conférence plénière inaugurée par le professeur David Freedberg de l’université de Columbia.
L’authenticité, au sens strict, se réfère à une œuvre qui n’est pas une copie ou une imitation, mais qui se distingue par son auteur, sa période et sa culture d’origine. Par extension, elle désigne une interprétation fidèle aux caractéristiques historiques, stylistiques et culturelles d’une œuvre. Cette notion soulève des questions sur la valeur des copies par rapport aux originaux, et interroge si l’authenticité peut être perçue comme une propriété intrinsèque des œuvres d’art ou comme une évaluation contextuelle. Les œuvres générées par l’intelligence artificielle (IA) représentent également un sujet d’étude pertinent dans ce cadre.
Le congrès explorera plusieurs dimensions de l’authenticité, notamment la démarche artistique qui a conduit à la création de l’œuvre. Emmanuel Kant, dans sa troisième Critique, fait une distinction entre les beaux-arts et leurs imitations. L’authenticité est alors liée à une qualité éthique, caractérisée par l’absence de calcul ou de recherche d’effets sur le public. Jean-Jacques Rousseau est souvent cité comme le premier théoricien de l’authenticité, opposant la musique artificielle de Rameau à la naturalité de la musique italienne.
Une autre dimension à explorer est celle de l’origine et de la naïveté, remettant en question le concept de techne, qui implique connaissance et intentionnalité. Paradoxalement, une œuvre authentique pourrait être perçue comme plus artistique si elle est moins façonnée par l’artifice.
Enfin, l’authenticité est également associée à la qualité de l’expérience. Walter Benjamin, dans ses réflexions sur l’aura, suggère que l’authenticité ne réside pas uniquement dans l’œuvre, mais dans l’expérience que l’on en fait. La facilité d’accès à une œuvre peut diminuer son aura, tandis qu’un voyage pour la voir peut renforcer la notion d’expérience authentique.
Les communications lors de ce congrès peuvent aborder ces dimensions ou proposer une problématisation originale. Les propositions, d’une durée de 30 minutes, sont acceptées en français ou en anglais, avec une compréhension passive du français requise pour faciliter les échanges.
Le comité scientifique est composé de Carole Talon-Hugon (Sorbonne Université), Quentin Gailhac (Université de Paris-Cité), Maud Pouradier (Université de Caen Normandie) et Bruno Trentini (Université de Lorraine).
Les propositions doivent être soumises avant le 15 octobre 2026 à l’adresse suivante : sfe.congres@gmail.com. Les réponses seront communiquées au plus tard le 1er novembre 2026.
Source : Société Française d’Esthétique.
