Le cri d’alarme des psychiatres : « Cette réforme menace de nous porter le coup de grâce »
Les psychiatres en Belgique tirent la sonnette d’alarme concernant la réforme de la nomenclature des soins psychiatriques. Selon Thomas Van der Poorten, un psychiatre ambulatoire, cette réforme pourrait aggraver une situation déjà préoccupante. Actuellement, le revenu médian d’un psychiatre ambulatoire s’élève à 71 997 euros par an, ce qui est trois fois moins que celui de ses collègues hospitaliers. L’activité ambulatoire est en déclin, avec une baisse de 4 % entre 2018 et 2024.
Les psychiatres proposent deux types de consultations : des courtes de 30 minutes, facturées à 64,98 euros, et des longues de 45 minutes, facturées à 98,01 euros. La réforme envisagée prévoit la suppression des consultations longues, ce qui inquiète les praticiens. Van der Poorten souligne que ces consultations sont essentielles pour évaluer en profondeur les patients, permettant ainsi d’aller au-delà de simples prescriptions médicamenteuses.
Il reconnaît que des abus ont pu exister, mais il estime que cela ne justifie pas l’élimination des consultations longues. De plus, il s’inquiète d’une politique de santé qui privilégie l’hospitalisation au détriment des soins ambulatoires, pourtant capables de gérer la majorité des cas complexes.
La demande de revalorisation du secteur est pressante. Le président de la Fédération Belge des Psychiatres Ambulatoires (FBPA) appelle à une injection de plus de 100 millions d’euros dans la nomenclature ambulatoire pour corriger une logique qui rend plus rentable l’hospitalisation que la prévention.
En conclusion, la réforme de la nomenclature, censée favoriser la psychiatrie ambulatoire, pourrait menacer l’existence même de ce secteur.
Source : La Libre
