American companies could ruin the night sky for the entire world, and international law can't stop them

Les entreprises américaines pourraient ruiner le ciel nocturne pour le monde entier, et le droit international ne peut pas les arrêter

La Commission fédérale des communications des États-Unis (FCC) a le pouvoir d’approuver des projets de vol spatial d’une ampleur telle qu’ils pourraient transformer la vue du ciel nocturne à l’échelle mondiale. Malgré les protestations suscitées par ces projets, les experts en droit spatial affirment qu’il existe peu de moyens pour d’autres nations ou la communauté internationale d’intervenir si la FCC leur accorde des licences.

Le 10 juillet, la FCC a donné son approbation à une demande de Reflect Orbital, une entreprise californienne, pour lancer un miroir spatial de 18 par 18 mètres afin de tester la réflexion de la lumière du soleil sur des fermes solaires après la tombée de la nuit. Cette décision a suscité des inquiétudes parmi les astronomes et les environnementalistes, qui craignent l’impact potentiel sur la pollution lumineuse mondiale.

Les opposants considèrent l’approbation de la FCC, en dépit de centaines d’objections, comme un signe que l’agence pourrait éventuellement accorder à Reflect Orbital une licence pour déployer une constellation entière de 50 000 miroirs réfléchissants. D’autres entreprises, telles que SpaceX, Blue Origin et Starcloud, attendent également les décisions de la FCC concernant leurs propres demandes de déploiement de flottes massives de centres de données en orbite et de satellites de communication. Si tous ces projets se concrétisent, la vue du ciel nocturne pourrait changer de manière irréversible dans le monde entier.

Un cadre juridique inadapté

Le Traité de l’espace de l’ONU, établi à la fin des années 1960, définit le cadre international pour l’utilisation et l’exploration de l’espace. Ce document précise que l’approbation des projets de satellites relève de la compétence de la nation dans laquelle ces satellites sont enregistrés. Cependant, les États qui lancent ces satellites sont responsables des dommages qu’ils pourraient causer à d’autres pays.

Ruskin Hartley, directeur de DarkSky International, a déclaré que cette disposition de responsabilité ne couvre que les dommages physiques, tels que les collisions de satellites ou les retombées de vaisseaux spatiaux sur Terre. Selon lui, les dommages causés par l’interférence optique ne sont pas pris en compte par le Traité de l’espace.

L’Article I du Traité stipule que « l’exploration et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et d’autres corps célestes, doivent être menées au profit et dans l’intérêt de tous les pays. » Toutefois, la signification de cette clause et les actions possibles en cas de désaccord sur ces bénéfices demeurent floues.

Une lenteur institutionnelle

Des efforts ont été faits pour aborder la question au sein de la Commission des Nations Unies sur l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS), mais des sources indiquent qu’il est peu probable que des mécanismes efficaces soient mis en place pour empêcher les entreprises de poursuivre leurs projets si la FCC les soutient. Les institutions de l’ONU, actives depuis le siècle dernier, fonctionnent lentement et nécessitent un consensus unanime pour adopter des mes, ce qui est rarement atteint.

Conséquences environnementales

Une étude récente des astronomes de l’Observatoire européen austral a révélé que la luminosité du ciel nocturne pourrait augmenter jusqu’à 300 % si toutes les constellations actuellement prévues étaient déployées. Ce phénomène marquerait un tournant dans l’astronomie telle que nous la connaissons.

Les experts mettent également en garde contre le fait que l’accès constant à la lumière du soleil forcerait les opérateurs de centres de données en orbite à se regrouper dans une région étroite de l’espace, créant ainsi une sorte de « anneau de Saturne » de satellites autour de la planète.

Dans sa justification pour l’octroi de la licence de vol d’essai à Reflect Orbital, la FCC a déclaré que les préoccupations concernant la pollution lumineuse ne relèvent pas de sa compétence. Actuellement, aucune autre agence gouvernementale américaine n’a son mot à dire sur l’octroi de licences aux entreprises satellites.

Hartley souligne que l’intensification de la pollution lumineuse affectera non seulement les astronomes, mais aussi les communautés autochtones qui dépendent des étoiles pour leur patrimoine culturel. L’excès de lumière pourrait également perturber les animaux sauvages et affecter les écosystèmes.

De plus, la pollution de l’air causée par le grand nombre de satellites entrant dans l’atmosphère et les fusées qui les lancent risque de nuire à la couche d’ozone et de modifier l’équilibre thermique de l’atmosphère terrestre. Les émissions de gaz à effet de serre générées par ces lancements pourraient annuler les avantages supposés d’un déploiement de centres de données dans l’espace.

En somme, la transformation de l’espace en un environnement industriel pourrait avoir des répercussions sur la qualité de vie de tous les habitants de la Terre.

Source : Space.com

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