Dans les Hautes-Alpes, le feu de forêt toujours en cours fragilise la montagne et augmente les éboulements :

Dans les Hautes-Alpes, le feu de forêt fragilise la montagne et augmente les éboulements : « le risque est identifié »

Plus de 260 hectares ont été ravagés par les flammes jusqu’aux crêtes, à 1 700 mètres d’altitude, sur le massif dominant les communes de Freissinières et de L’Argentière-la-Bessée. Le feu impacte des zones très escarpées, provoquant des chutes de roches. La forêt en proie aux flammes a pour rôle de limiter ces chutes.

La montagne n’est plus suffisamment stabilisée. Ce constat a conduit la préfecture des Hautes-Alpes à procéder à l’évacuation préventive du camping Les Allouviers, sur la commune de Freissinières, et à limiter les accès terrestres des moyens de lutte anti-feu.

Quelques jours plus tôt, un hameau d’une dizaine d’habitations avait également été évacué. Parmi les habitants, le maire de Freissinières, Cyrille Drujon d’Astros, a déclaré : « J’ai fait partie des évacués du hameau du Plan. J’y vis depuis 5 ans. On n’a pas constaté de chute de bloc pour le moment. Le problème est que cela peut arriver d’un moment à l’autre. » Ce samedi 25 juillet, 20 personnes issues d’autres hameaux et un camping avec 50 résidents ont été évacués, selon les sapeurs-pompiers des Hautes-Alpes.

La pluie attendue ce samedi pourrait freiner efficacement la progression du feu, qui a parcouru 500 hectares ce jour-là. Cependant, les averses pourraient également accélérer le phénomène d’érosion déjà provoqué par la disparition ou l’affaiblissement des arbres touchés par l’incendie.

Les moyens déployés sur place s’ajustent à la difficulté d’accès des moyens terrestres. Parmi les services mobilisés, la RTM, pour « Restauration des terrains de montagne », intervient dès qu’il y a un incendie. Cette branche de l’ONF (Office national des forêts) est présente dans les secteurs escarpés et se concentre sur la prévention et la gestion des risques.

Claire Vignon, responsable communication de l’ONF pour le territoire Midi-Méditerranée, a affirmé : « Maintenant qu’il n’y a plus de forêt pas endroits, la quantité de chute de blocs pourrait augmenter. » Sur la commune de Freissinières, la forêt domaniale du Fournel a été replantée au début du XXe siècle pour lutter contre l’érosion. « À l’époque, la finalité du reboisement n’était pas de prévenir les chutes de blocs, mais de limiter les phénomènes d’érosion et de ravinement en cas de fortes pluies », a-t-elle précisé.

Dans le contexte actuel de changement climatique, les défis pour protéger durablement les forêts et les territoires sont accrus. Les experts du service RTM surveillent la situation, car le risque est identifié. La hausse des températures, la disparition des arbres et la fragilisation des racines pourraient augmenter la fréquence et la quantité de chutes de blocs.

La vigilance est de mise, d’autant plus qu’une sapeur-pompier a été légèrement blessée et un véhicule d’intervention a été écrasé par une chute de bloc de deux tonnes au début de l’intervention des moyens de lutte anti-feu.

Ce samedi 25 juillet, 250 personnels sont engagés sur le terrain, dont 60 sapeurs-pompiers haut-alpins, soutenus par des militaires des unités de sécurité civile et du génie, ainsi que de nombreux partenaires (forestiers, bûcherons, agriculteurs équipés de camions-citernes à eau, etc.).

Le service de restauration des terrains de montagne reste en veille. Les travaux d’expertise et d’évaluation des nouveaux risques post-incendie devraient conduire à de nouveaux travaux de sécurisation et probablement à un reboisement de la forêt, un processus qui prendra plusieurs années.

Source : France 3 Provence-Alpes

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