Incendies en Gironde : L’impact sanitaire des fumées
Après l’évacuation, l’hospitalisation. Les urgences de Bordeaux accueillent depuis plusieurs jours des patients haletants, exposés aux fumées des incendies ravageurs dans la région. Au CHU de Bordeaux, 30 % des lits ouverts dans le cadre du plan blanc sont occupés pour des motifs respiratoires, indique Maëva Zysman, médecin au service pneumologie.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a rapporté une augmentation de 50 % des appels au Samu dans la région. « Nous sommes très vigilants sur la pollution de l’air. Hier, des tests ont été effectués en raison de doutes sur des intoxications au monoxyde de carbone, qui ne sont pas confirmées », précise-t-elle.
Une inquiétude persistante
Le monoxyde de carbone, polluant majeur des incendies de forêt, peut être mortel. En cas d’exposition à moins d’un kilomètre des flammes et de symptômes tels que maux de tête ou vertiges, il est conseillé de se rendre aux urgences. Les victimes de ce gaz toxique sont placées sous oxygène pour éviter des complications graves.
Bien que la ministre ait suggéré de porter un masque FFP2 en cas d’exposition, des experts soulignent que le monoxyde de carbone est incolore et inodore. Maëva Zysman rappelle que même avec un masque FFP2, il est crucial de ne pas se sentir faussement rassuré et d’éviter de s’approcher des zones incendiées.
Les incendies libèrent également d’autres gaz et particules toxiques, augmentant les risques pour la santé. Les patients souffrant de maladies respiratoires chroniques, comme l’asthme ou la BPCO, sont particulièrement touchés.
État de la qualité de l’air
L’atmosphère est fortement dégradée dans une grande partie de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne. L’observatoire de la qualité de l’air en Nouvelle-Aquitaine a alerté sur des concentrations très élevées en particules fines, suffisamment petites pour pénétrer les voies respiratoires. Ces particules peuvent rester en suspension dans l’air pendant plusieurs jours, aggravant les maladies respiratoires.
Le rapport de l’Anses souligne que les personnes atteintes de pathologies chroniques, ainsi que les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes, doivent s’éloigner des flammes.
Évacuation et conséquences
Les mes d’évacuation ont été prises rapidement, ce qui devrait limiter les effets sanitaires à long terme. Plus de 220 000 personnes ont été évacuées dans le Sud-Ouest, un chiffre équivalent à la population d’une ville comme Rennes, marquant l’exode le plus important en France depuis 1940.
Les autorités continuent de surveiller la situation, alors que les fumées continuent de poser un risque pour la santé publique.
Source : Reporterre
