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C’est une petite victoire pour la défense de l’ours des Pyrénées, mais elle constitue une bonne nouvelle pour l’association FERUS qui milite pour la sauvegarde des grands prédateurs. Un arrêté autorisant des éleveurs à procéder à des tirs d’effarouchement en Ariège a été suspendu par la justice.
L’audience en référé-liberté a eu lieu le 25 juillet 2026. Plusieurs associations de défense de la nature, dont la défense de l’ours, se sont opposées à un arrêté préfectoral en Ariège autorisant l’effarouchement de l’animal par des tirs effectués par les éleveurs du groupement pastoral d’Arreau. Les défenseurs de l’ours ont obtenu gain de cause : cette autorisation a été suspendue par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse.
Le 27 juillet 2026, l’association FERUS a annoncé sur sa page Facebook une « bonne nouvelle », à savoir la « suspension en référé-liberté de l’arrêté préfectoral de l’Ariège autorisant directement les éleveurs du groupement pastoral d’Arréou à mettre en œuvre des mes d’effarouchement renforcé sur l’ours.«
L’audience en référé-liberté est une procédure d’urgence. Cette fois-ci, il s’agissait de réagir rapidement à un arrêté préfectoral du 22 juillet 2026, autorisant les éleveurs à procéder à des tirs d’effarouchement renforcé durant les nuits des 24, 25, 26 et 27 juillet. Le juge a décidé de la suspension immédiate de l’arrêté.
Les arguments avancés par les défenseurs de l’ours ont convaincu le juge, qui a prononcé la suspension immédiate de l’arrêté, soulignant l’extrême urgence et l’atteinte grave au droit de l’animal à vivre dans un environnement équilibré.
Un point crucial qui a influencé la décision est l’absence d’alternatives aux tirs d’effarouchement, qui ne doivent être utilisés « qu’en dernier recours« , selon Me Julie Rover, avocate dans cette affaire. Elle a souligné qu’il existe des moyens de protection des troupeaux qui n’ont pas été complètement mis en œuvre.
Cette estive compte 1 900 brebis, protégées par six chiens et un gardien de nuit. Ce dispositif a été jugé « non proportionné » au regard du nombre de bêtes. Une étude de mai 2025 a révélé que les parcs électrifiés sont la solution la plus efficace pour prévenir les attaques, une option qui n’a pas été envisagée par le groupement pastoral d’Arreau.
Depuis le 13 juillet 2026, un arrêté ministériel a assoupli les conditions des tirs d’effarouchement, qui étaient auparavant réalisés par des agents de l’Office français de la biodiversité. Désormais, les autorisations peuvent être accordées à des éleveurs ou gestionnaires d’estives, à condition d’être titulaires d’un permis de chasse et d’avoir suivi une formation.
Les tirs d’effarouchement renforcé consistent à utiliser des tirs à blanc pour effrayer l’ours. Bien que l’objectif ne soit pas de blesser l’animal, ces tirs peuvent avoir des conséquences non négligeables, notamment la séparation des ourses de leurs petits.
La suspension de l’arrêté préfectoral est considérée comme une petite victoire pour les défenseurs de l’ours. Le Conseil d’État devra maintenant se prononcer sur la légalité de l’arrêté ministériel élargissant ces autorisations de tirs sonores.
Source : France 3 Régions
