La trajectoire de ʻOumuamua enfin expliquée
Découvert en 2017, ʻOumuamua demeure dans l’histoire comme le premier corps céleste identifié comme provenant de l’extérieur du Système solaire. Pendant quatre mois, les astrophysiciens ont observé ce « corps étranger » et ont collecté diverses données, jusqu’à ce qu’il disparaisse dans l’obscurité des confins du Système solaire, hors de portée des instruments. Sa trajectoire, et plus particulièrement son accélération anormale, a suscité de nombreuses interrogations, car elle ne pouvait s’expliquer par la seule influence gravitationnelle du Système solaire. Plusieurs théories ont été avancées, certaines plus sérieuses que d’autres.
Jennifer Bergner, de l’université de Californie à Berkeley, et Darryl Seligman, de l’université Cornell, ont récemment proposé une nouvelle explication. Ils se sont appuyés sur le phénomène classique du dégazage, habituellement observé chez les comètes. Ce phénomène se produit lorsque la surface glacée d’une comète s’évapore à l’approche du Soleil, provoquant l’expulsion de gaz et formant une queue. Toutefois, aucune trace de queue ni d’enveloppe de gaz n’a été détectée autour de ʻOumuamua, qui ressemblait davantage à un astéroïde.
Bergner et Seligman avancent que ʻOumuamua, riche en glace d’eau, aurait été bombardé par des rayons cosmiques durant son voyage interstellaire, ce qui aurait dissocié les molécules d’eau et produit du dihydrogène, piégé sous sa surface. À l’approche du Soleil, ce gaz aurait commencé à s’échapper, provoquant l’accélération observée. Leur modèle suggère qu’un faible volume de dihydrogène, trop petit pour être détecté, suffirait à expliquer la dynamique de cet objet.
Les chercheurs notent que cet effet n’est pas observé sur les comètes du Système solaire, car il se manifeste uniquement en surface et devient négligeable pour des corps plus volumineux. En effet, ʻOumuamua, avec un diamètre de 100 mètres, est significativement plus petit qu’une comète typique, qui me généralement un kilomètre.
Alors que ʻOumuamua continue son voyage dans l’espace interstellaire, la question de son comportement mystérieux semble enfin trouver une réponse, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour confirmer ces hypothèses.
Source : Pour la Science.
