Les candidats ne sont pas assez nombreux : la filière du bois en quête de bûcherons
À une époque où plusieurs secteurs économiques rencontrent des difficultés, la filière du bois se distingue par sa dynamique de recrutement. Selon Alexandre Hemelot, formateur à l’Établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPL Agro) de la Meuse, « c’est une branche professionnelle qui recrute : le taux d’insertion des jeunes diplômés est de 100 % ». Cette filière, qui compte plus de 400 000 emplois directs en France d’après l’Office national des forêts (ONF), peine néanmoins à attirer des candidats qualifiés. Hemelot souligne que « les profils spécialisés dans la coupe du bois et en sylviculture ne sont pas assez nombreux au regard de la demande du marché ».
Le métier de bûcheron, bien que réputé exigeant, offre plusieurs voies d’accès. La plupart des professionnels obtiennent un Certificat d’aptitude professionnelle agricole (CAPA) en travaux forestiers ou un Brevet professionnel agricole (BPA) option « bûcheron », tous deux accessibles après seulement deux ans d’études, souvent en alternance. Une fois diplômés, les bûcherons peuvent travailler pour l’ONF ou dans des entreprises privées spécialisées.
En début de carrière, les bûcherons salariés perçoivent généralement un salaire équivalent au Smic, soit environ 1 800 euros bruts par mois (environ 1 440 euros nets). Ce montant peut évoluer avec l’ancienneté et d’autres facteurs, notamment la difficulté du terrain. Dans des conditions de travail plus périlleuses, les salaires peuvent atteindre entre 2 200 et 2 300 euros bruts par mois (1 700 à 1 800 euros nets).
Certains professionnels choisissent de se lancer en tant qu’indépendants, créant leur propre entreprise souvent durant leurs études. Ces bûcherons indépendants collaborent généralement avec des scieries et facturent entre 10 et 12 euros le mètre cube de bois abattu. Ils peuvent ainsi atteindre des revenus nets de 2 500 euros après déduction des charges sociales.
La filière du bois semble donc prometteuse, mais la pénurie de candidats qualifiés pourrait freiner son développement futur.
Source : Le Figaro Emploi
