La recherche de signes de vie extraterrestre : au-delà de la technologie et de la biologie
La recherche de la vie extraterrestre s’est traditionnellement concentrée sur la détection de technologies avancées ou de processus biologiques sur d’autres mondes. Cependant, des recherches récentes suggèrent qu’il est essentiel d’explorer des signes d’intelligence qui ne sont pas nécessairement technologiques, mais qui pourraient indiquer l’existence d’une conscience.
Les biosignatures représentent des signes possibles de vie biologique sur d’autres planètes, tandis que les technosignatures fournissent des indices sur la présence de technologies avancées détectables à travers des années-lumière. Qu’en est-il des formes de vie plus complexes que les microbes simples et qui affichent une intelligence non hautement technologique ?
C’est ici qu’intervient le domaine de la noosemiotique, comme l’explique Julia DeMarines, une astrobiologiste américaine impliquée dans la recherche sur les biosignatures et technosignatures. « Nous voulons déterminer si nous pouvons détecter des signatures d’intelligence qui existent avant l’invention de la communication radio », a-t-elle déclaré. La noosemiotique s’inspire du concept grec ancien de ‘nous’, qui se réfère à la théorie de l’esprit.
Des chercheurs tels qu’Adam Frank, David Grinspoon et Sara Imari Walker ont récemment appliqué ce concept à la recherche sur les signaux extraterrestres (SETI), en considérant l’intelligence collective de tous les êtres d’une planète comme une forme d’intelligence à l’échelle planétaire.
DeMarines propose que les noosignatures pourraient être des signes d’une noosphère, où des esprits conscients interagissent. Par exemple, les gaz comme l’azote libérés dans l’atmosphère par des pratiques agricoles pourraient constituer une forme de noosignature.
L’exemple du pain comme signature d’intelligence
La technologie est un reflet majeur de l’esprit sur la matière, mais DeMarines souligne que les noosignatures peuvent également inclure des éléments autres que les biosignatures et technosignatures. Son travail s’intéresse à la théorie de l’assemblage, qui décrit le nombre minimal d’étapes nécessaires pour assembler quelque chose, comme des biomolécules essentielles.
Dans ce cadre, elle a examiné le pain comme une signature d’intelligence. « Le pain ne sort pas simplement d’un nuage moléculaire ; il nécessite technologie, histoire et intelligence », explique DeMarines. En analysant des échantillons de pain à travers différents sites archéologiques, il est possible d’observer comment les techniques de fabrication et les ingrédients ont évolué au fil du temps, ce qui pourrait indiquer un développement de l’intelligence humaine.
Défis de la détection des noosignatures
La question demeure : peut-on détecter de telles signatures d’intelligence à distance sur d’autres planètes ? DeMarines n’est pas encore certaine, mais elle s’efforce de réfléchir à la manière dont ces signatures pourraient être mesurées. Si des noosignatures détectables existent, elles pourraient également signaler l’intelligence sur Terre.
Par exemple, trois quarts des émissions d’azote d’origine humaine ont été produites avant l’industrialisation, principalement par l’agriculture. Cela pourrait perturber le cycle de l’azote de notre planète, créant un déséquilibre.
Bien que des milliers d’années puissent être nécessaires pour détecter ces déséquilibres sur des exoplanètes, des observateurs extraterrestres pourraient avoir observé la Terre pendant beaucoup plus longtemps. Alors que la biologie sur Terre est détectable depuis des milliards d’années grâce aux biosignatures, l’intelligence humaine n’est devenue apparente que ces dernières décennies avec l’émission de signaux radio.
Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives sur la compréhension de l’intelligence dans l’univers et pourrait potentiellement nous rapprocher de la découverte de formes de vie non technologiques.
Pour plus de détails sur le travail de DeMarines, vous pouvez consulter son article publié dans le dépôt ouvert arXiv.
Source : Space.com
