À cause de la chaleur, il y a moins de production : les canicules font monter les prix des fruits et légumes

Les conséquences des vagues de chaleur continuent de s’observer. Sur les marchés, les prix des fruits et légumes frais augmentent, car les températures élevées ont réduit les productions. Si certains producteurs tentent de limiter leurs hausses, d’autres n’ont pas vraiment le choix.

À Neuville-de-Poitou, dans la Vienne, sur le marché, les courgettes et pommes de terre atteignent des prix records de 2,80 euros et 4,20 euros le kilo. Julien Angoumois, producteur de fruits et légumes, témoigne : « Normalement à cette époque-là, je suis dans les 2 euros à peu près. Les patates, je suis dans les 3 euros. Cela fait 40 % d’augmentation qui sont une conséquence des canicules à répétition. » Une cliente confirme également l’augmentation des prix, indiquant qu’elle dépense désormais plus de 20 euros pour des fruits et légumes, alors qu’elle achetait chaque semaine la même quantité.

Selon Camel Amerouche, détaillant, les augmentations sont d’environ 15 % pour les fruits et de 25 à 33 % pour les légumes. Il note également une légère baisse des ventes, sans pouvoir établir de lien direct avec la hausse des prix.

L’observatoire des prix des fruits et légumes, lancé par l’association Familles rurales, révèle que depuis 2015, le prix des fruits frais a augmenté de 54 %, tandis que celui des légumes frais a crû de 62 %. En comparaison, l’inflation globale n’a été que de 21 %. Ces chiffres sont corroborés par l’indice mensuel des fruits et légumes frais de l’Insee.

Cette année, les canicules à répétition ont fortement impacté la production. Alexandre Dissais, un autre producteur, explique qu’il a dû acheter des haricots d’origine différente en raison de la faible récolte. « Ce n’est pas le même produit et pas du tout la même qualité. C’est dû à la chaleur, pas au manque d’eau », précise-t-il.

Les hausses de prix se font également sentir sur les salades, avec une augmentation de l’ordre de 50 %. En revanche, certaines cultures, comme la courgette et le cornichon, semblent bénéficier des températures élevées, ce qui soulève des interrogations quant aux hausses de prix observées sur ces produits.

L’augmentation la plus significative concerne les tomates, dont le prix a grimpé de 3,50 à 6 euros le kilo. Camel Amerouche souligne que cette hausse est directement liée aux conditions climatiques extrêmes.

Face à cette situation, certains consommateurs réduisent leur consommation de fruits et légumes, tandis que d’autres tentent de minimiser le gaspillage en achetant des quantités plus petites et en utilisant des techniques de conservation.

Julien Angoumois, pour sa part, propose des melons abîmés à prix réduit pour aider les consommateurs à faibles revenus. En agriculture biologique, Patrick Ouvrard choisit de rogner sur ses marges pour ne pas augmenter les prix, mais il admet que cela pourrait devenir insoutenable à long terme.

Pour l’instant, bien qu’il n’y ait pas de risque de pénurie immédiat, les mauvaises récoltes à venir pourraient entraîner une hausse généralisée des prix.

Source : Familles rurales, INSEE

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