(Kano) Une attaque menée dans la nuit par des hommes armés contre un village d’agriculteurs a fait au moins 30 morts, dont des enfants, dans l’État de Kaduna, dans le nord du Nigeria, ont indiqué lundi des habitants et Amnistie internationale.
Des habitants accusent des éleveurs de bétail d’être derrière cette attaque. Le nord-ouest et le centre du Nigeria connaissent des violences opposant éleveurs et agriculteurs, qui trouvent leur source dans des différends de longue date, notamment autour de la gestion des terres et des ressources.
Les assaillants ont pris d’assaut le village vers minuit dans la nuit de dimanche à lundi, ouvrant le feu de manière sporadique avant d’incendier des habitations et des commerces, selon des habitants et un responsable local. « Nous avons entendu des coups de feu et avons eu la chance de nous échapper par une porte arrière pour nous cacher dans la brousse », a déclaré à l’AFP Rubean James, un habitant du village de Naridon.
« Après le lever du jour, nous sommes revenus et avons découvert que plusieurs personnes avaient été tuées. Je peux confirmer qu’au total, 31 personnes ont été tuées et que d’autres ont été blessées », a-t-il ajouté. Un autre habitant, Barnabas Musa, a indiqué que l’attaque a duré environ trois heures. « Nous avons rassemblé au moins 30 corps, dont ceux de femmes et d’enfants », a-t-il déclaré à l’AFP.
Amnistie internationale a indiqué « condamner fermement le meurtre d’au moins 30 personnes lors d’une attaque menée par des hommes armés » contre le village de Naridon, dans l’État de Kaduna. Le chef communautaire Yunusa Babados a affirmé que les assaillants ont pénétré dans plusieurs habitations, notamment celle d’une famille où six enfants d’un même foyer ont été tués.
« Dans une famille, ils ont tué six enfants et ont dit aux parents : “Nous vous épargnerons, mais nous tuerons tous vos enfants” », a déclaré M. Babados à l’AFP, précisant qu’au total huit enfants avaient été confirmés morts dans le village. Le secrétaire du chef du village de Dogon Rana a confirmé l’attaque.
Selon les habitants, les assaillants ont pris la fuite à l’approche des forces de sécurité, abandonnant une partie du bétail aux abords du village.
Source : Amnistie internationale, AFP