Matthieu Jalibert, itinéraire d’un atypique (1/5)

Matthieu Jalibert, connu pour son indéniable talent sur les terrains de rugby, est également un homme entouré de mystères. De ses origines à son ascension fulgurante, en passant par sa vie personnelle, cet article explore le parcours atypique de ce joueur, premier international issu de l’école de rugby de Bègles, où il a commencé à jouer à l’âge de 9 ans.

Avant l’été 2017, le rugby français, et plus particulièrement bordelais, évoluait sans Matthieu Jalibert. À cette époque, le président de l’Union Bordeaux Bègles (UBB), Laurent Marti, avait confié que Jalibert était comme un joueur confirmé à l’ouverture. À ce moment-là, l’équipe comptait sur des numéros 10 tels que Tian Schoeman et Simon Hickey. Jalibert, un jeune homme déterminé, n’était pas un inconnu, ayant été formé au CABBG depuis son enfance.

Corinne, sa mère, a été la première spectatrice de son ascension : « Je voyais qu’il était passionné depuis qu’il était tout petit, qu’il vivait pour le rugby. Mais quand c’est arrivé, j’ai mis beaucoup de temps à réaliser. » Avant de rejoindre Bègles, la famille Jalibert a vécu en Nouvelle-Calédonie, où Matthieu a déjà attiré l’attention, notamment à travers un article le qualifiant de « Petit Mozart ».

Bruno Séguy, un de ses premiers entraîneurs, se souvient d’un tournoi à Montpellier où Jalibert a déjà montré son talent exceptionnel. À son retour en métropole dans les années 2007-2008, Matthieu a été inscrit au club de Bègles, mais n’a pas pu intégrer le pôle espoirs, jugé trop petit à l’époque. Ce fut un moment difficile dans son parcours, mais selon sa mère, il était évident que le rugby jouerait un rôle majeur dans sa vie.

Matthieu a toujours été un élève sérieux. Sa mère souligne qu’il était respectueux et bien élevé, ne posant jamais de problèmes à l’école. Cependant, ses entraîneurs ont remarqué qu’il avait un déficit physique à cause d’une croissance tardive, mais ils reconnaissaient déjà sa vision de jeu. Jean-Michel Dupouy, son entraîneur chez les moins de 16 ans, a souligné qu’il voyait les opportunités avant les autres.

Bien qu’il ait été négligé par les sélections des moins de 16 ans, Jalibert a finalement été intégré dans les moins de 18 ans. À l’époque, il n’a pas eu accès à un régime de « sports études » et a dû se contenter d’une scolarité classique. Bruno Séguy rappelle qu’une proposition de « double licence » avait été faite, mais Jalibert a choisi de rester à Bègles pour prouver son talent.

Le déclic est survenu lorsque David Ortiz, responsable du centre de formation, a remarqué Jalibert entraînant des enfants du club. Malgré son absence de repères dans le système, il a été invité à s’entraîner avec l’équipe espoirs. Pour son premier match, il a marqué les esprits avec un coup de pied par-dessus, une signature qui le suivra tout au long de sa carrière.

Aujourd’hui, Matthieu Jalibert est reconnu comme un joueur clé du rugby français, ayant surmonté les obstacles d’un parcours atypique pour atteindre les sommets du sport.

Source : Rugbyrama

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