Mon entreprise m’a versé 6 mois de salaire pour respirer : voici ce que j’ai fait pendant mon congé

Faire une pause dans sa carrière est devenu un luxe que peu de travailleurs peuvent se permettre. Carole, employée du groupe Orange, a eu cette opportunité grâce à son employeur. Elle a intégré l’entreprise en 2001, d’abord en tant que commerciale sédentaire, puis en tant que manager du service client. En 2017, elle a décidé de se réorienter vers les ressources humaines et est aujourd’hui consultante en recrutement. Après huit ans à ce poste, Carole a ressenti un sentiment de stagnation. En 2024, elle souhaitait évoluer vers un rôle davantage axé sur le développement RH, mais les opportunités de mobilité étaient limitées en raison de la décroissance des métiers dans ce domaine.

C’est en consultant l’Intranet du groupe qu’elle a découvert le « congé respiration », un dispositif lancé en 2022. Ce congé est réservé aux salariés d’Orange ayant plus de dix ans d’ancienneté, quel que soit leur statut. Il permet de s’arrêter entre trois et neuf mois tout en percevant 70 % de leur salaire, pour mener une action humanitaire ou sociale, ou encore intégrer une start-up ou une PME.

En 2024, Carole a déposé sa candidature et a obtenu un congé respiration de six mois, de septembre 2024 à février 2025. Elle a choisi de s’engager auprès de la Fondation Le Refuge, une association d’utilité publique qui aide les jeunes LGBT+ rejetés par leurs familles. « C’est un sujet qui me touche, même si je ne l’ai pas vécu personnellement. La discrimination fait écho à mon rôle de recruteuse », a-t-elle déclaré.

Durant cette période, Carole a travaillé avec une travailleuse sociale, réalisant des interventions en milieu scolaire et animant des ateliers sur les discriminations de genre. Elle a également accompagné des jeunes dans leurs recherches d’emploi, notamment pour la rédaction de CV et de lettres de motivation, tout en travaillant environ 80 % de son temps.

Pendant son congé, Carole a perçu 70 % de sa rémunération fixe. Elle a reconnu que prendre un congé de ce type aurait été difficile financièrement il y a dix ans, soulignant que cette décision a été prise en concertation avec sa famille. Cette expérience lui a permis de prendre du recul sur son poste et de développer sa proactivité, une compétence qu’elle considère essentielle dans un environnement associatif composé principalement de bénévoles.

Son retour en mars 2025 s’est effectué sans heurts. « Je n’ai pas fui un environnement de travail, donc tout s’est bien passé. J’ai retrouvé mon équipe et ma manager », a-t-elle précisé. Aujourd’hui, elle continue de s’investir auprès du Refuge, réalisant environ une intervention par mois, ce qui nécessite de prendre un jour de congé à chaque fois. Chaque année, entre 200 et 250 salariés d’Orange bénéficient de ce temps de respiration.

Source : Le Figaro

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