Climat: l'impact du phénomène El Niño sur l'Afrique pourrait se chiffrer à 20 milliards de dollars

El Niño : un impact potentiel de 20 milliards de dollars sur l’Afrique

Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD), le phénomène climatique El Niño pourrait engendrer un coût économique pouvant atteindre 20 milliards de dollars pour le continent africain. Les besoins de financement pour l’adaptation à ce phénomène et au changement climatique doivent, selon la BAD, doubler pour atteindre 100 milliards de dollars. Ce contexte soulève des inquiétudes non seulement pour la sécurité alimentaire et les ressources en eau, mais aussi pour les finances publiques des États africains et leur secteur bancaire.

Anthony Nyong, responsable du climat à la BAD, a déclaré que « à lui seul, El Niño va réduire le PIB des pays touchés de 1 à 2 % », ce qui représente une perte d’environ 10 à 20 milliards de dollars à l’échelle continentale. Les conséquences anticipées incluent la destruction d’infrastructures, la dévastation des cultures, l’augmentation des prix alimentaires et des migrations massives de populations.

Les pertes agricoles sont déjà estimées à 330 millions de dollars pour l’année 2026, et la productivité de la pêche pourrait diminuer de 1 à 4 % en raison de l’augmentation de la température des mers et des tempêtes. Le prix du maïs est prévu pour doubler, entraînant une concurrence accrue pour les pâturages et l’eau, ce qui pourrait exacerber les tensions dans les régions vulnérables.

Les pays tels que le Soudan, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo, la Somalie, le Mali, le Burundi et le Nigeria sont identifiés comme susceptibles de subir des répercussions humanitaires particulièrement graves.

En plus des 50 milliards de dollars déjà nécessaires pour s’adapter au changement climatique, il faudrait 20 à 30 milliards de dollars supplémentaires pour faire face aux défis posés par El Niño. Les gouvernements pourraient se retrouver piégés dans un « piège du financement climatique », devant puiser dans leurs budgets de la santé, de l’éducation ou des infrastructures pour couvrir les coûts liés au changement climatique.

El Niño, qui a commencé il y a un mois, pourrait être l’un des plus puissants jamais observés, avec un pic d’intensité prévu entre fin 2026 et début 2027. Ce phénomène est généralement associé à des sécheresses sévères en Afrique australe et de l’Ouest, ainsi qu’à des inondations en Afrique de l’Est.

La Banque africaine de développement prévoit de tenir une réunion en septembre pour évaluer plus en profondeur l’impact d’El Niño sur le continent et se dit prête à restructurer des projets pour aider les pays à faire face à cette crise, ainsi qu’à mobiliser un soutien multilatéral supplémentaire, notamment auprès du Fonds vert pour le climat.

Source : Banque africaine de développement

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