Fronde étudiante en Inde : Les « cafards » exigent la libération immédiate des manifestants
(New Delhi) Le « parti du peuple des cafards » (CJP), le mouvement en ligne représentant la fronde des étudiants indiens, a réclamé lundi la libération immédiate de tous les manifestants encore incarcérés. Cette demande survient après la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan, intervenue ce week-end, qui était l’une des principales revendications des protestataires.
« Nous exigeons que toutes les personnes détenues ou arrêtées soient remises en liberté immédiatement, en tout cas d’ici à demain, et que toutes les poursuites [contre les manifestants] soient abandonnées », a déclaré Saurav Das, porte-parole du CJP, sur X. Il a précisé que la suspension des manifestations ne reposait que sur des promesses gouvernementales, et que toute rupture de confiance serait inacceptable pour la jeunesse.
La colère des étudiants a éclaté suite à des fraudes massives lors d’un examen national d’accès aux études de médecine en mai, auquel plus de 2 millions de candidats avaient participé. L’annulation de cet examen a, selon des médias locaux, entraîné le suicide d’une vingtaine d’étudiants.
En plus de leurs revendications sur la réforme du système éducatif, les étudiants expriment des préoccupations concernant le chômage, malgré la forte croissance économique du pays, ainsi que des critiques sur la dérive autoritaire du Premier ministre Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014.
Après plusieurs semaines de mobilisation et une manifestation réprimée par la police à New Delhi, les protestataires ont obtenu la démission de Dharmendra Pradhan. Toutefois, le CJP a signalé que la police avait procédé à de nombreuses arrestations à travers le pays.
Le président de la Cour suprême, Surya Kant, a été saisi d’une plainte pour brutalités policières et a appelé à une enquête indépendante, rappelant que « le droit de manifester librement et pacifiquement est garanti » par la Constitution.
Le CJP a été fondé en mai en réponse aux propos du juge Kant, qui avait qualifié les jeunes chômeurs de « parasites » et de « cafards », ce qui a exacerbé les tensions.
L’issue de cette crise étudiante est perçue comme un revers politique pour Narendra Modi, qui s’est forgé une réputation d’homme inflexible. Sous pression, le gouvernement a annoncé une réforme en profondeur du système d’examens pour le rendre « fiable » et « transparent », ainsi qu’un renforcement des sanctions contre les fraudeurs.
L’examen d’un texte législatif devant le Parlement a été perturbé par des interruptions causées par l’opposition, qui soutient les étudiants et dénonce la brutalité de la répression. Mallikarjun Kharge, un responsable du parti du Congrès, a qualifié cette situation de « l’une des plus graves atteintes portées à la démocratie dans notre histoire ».
Source : CJP, médias locaux.
