Le Ghana mise sur les titres d’identité biométriques pour limiter les fraudes

Le Ghana mise sur les titres d’identité biométriques pour limiter les fraudes

Le 15 juillet, Wisdom Yayra Koku Deku, secrétaire exécutif de l’Autorité nationale d’identification (NIA), a annoncé un amendement important des règlements de vérification d’identité au Ghana. Selon Deku, « photocopier la carte d’identité ou se contenter de vérifier la photo dans le cadre d’une transaction est désormais interdit. La vérification biométrique est le seul moyen légal de contrôler l’identité du titulaire de la carte », comme rapporté par le quotidien local Graphic Online.

Au cours de la dernière décennie, le Ghana a introduit une carte d’identité plastifiée biométrique, communément appelée “carte Ghana”. Cette carte regroupe des données telles que les empreintes digitales, un scanner de l’iris, une photo d’identité et une signature. Elle est désormais indispensable pour l’ouverture d’un compte bancaire, l’obtention d’une carte SIM, ainsi que pour la délivrance de passeports et de permis de conduire.

Les institutions chargées de la vérification d’identité devront désormais scanner systématiquement les pièces d’identité à l’aide d’une application mobile dédiée. Les contrôles visuels ou l’acceptation de photocopies ne seront plus tolérés, et les contrevenants, qu’ils soient institutions ou particuliers, risquent des amendes.

Le Ghana est reconnu comme un pionnier en Afrique dans la sécurisation et la certification des pièces d’identité. En avril, le site Afrik.com a salué l’intégration d’une fonction de paiement dans les cartes d’identité biométriques, ce qui représente une première sur le continent. Cette initiative vise à accélérer la numérisation des services financiers, à réduire l’usage de l’argent liquide et à améliorer la traçabilité des transactions.

Cependant, des préoccupations émergent quant à la préparation des infrastructures du pays. Des voix s’élèvent, comme le souligne Modern Ghana, sur la pression potentielle sur les serveurs de la NIA, les coupures de courant fréquentes et les opérations de maintenance. Les retards dans les vérifications pourraient entraîner des files d’attente insupportables pour les clients des banques, les hôpitaux, les opérateurs télécoms et les plateformes de paiement mobile.

En outre, des inquiétudes persistent concernant la cybersécurité. Comme l’indique Modern Ghana, l’introduction des cartes d’identité biométriques a coïncidé avec une hausse de la cybercriminalité. En 2024, les pertes liées à la cybercriminalité ont atteint 23,3 millions de cédis (environ 1,7 million d’euros), et ont continué d’augmenter de 17 % durant le premier semestre de 2025, s’élevant à 14,94 millions de cédis (environ 1,1 million d’euros).

Cette situation soulève des questions sur l’efficacité du système mis en place et sur la capacité du Ghana à gérer les défis associés à la numérisation de l’identité.

Sources : Graphic Online, BBC, Afrik.com, Modern Ghana

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