EXCLUSIF : La France s'abstient de soutenir le nouveau directeur de l'APPF

EXCLUSIF : La France s’abstient de soutenir le nouveau directeur de l’APPF

La France a choisi de ne pas soutenir la nomination de Philippe Musquar, nouveau directeur de l’Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes (APPF), un organisme chargé de surveiller le financement des partis politiques paneuropéens. Musquar, conseiller juridique au Parlement européen, entamera un mandat de cinq ans à la tête de cette institution.

Après que les 27 ambassadeurs des pays de l’UE ont validé sa nomination à la mi-juillet, la France a pris près de dix jours pour formuler sa réponse officielle, choisissant finalement de s’abstenir. Cette décision a permis à la nomination de Musquar de se concrétiser.

Des diplomates ont rapporté que des doutes ont été émis par la France et d’autres États membres concernant la rapidité et la transparence du processus de recrutement. Musquar a été auditionné en même temps que d’autres candidats par les secrétaires généraux du Parlement, du Conseil de l’UE et de la Commission européenne. Ce trio a proposé Musquar comme candidat à leurs institutions respectives.

Le délai de candidature pour le poste n’a été que de 14 jours, après une première publication le 12 juin, ce qui a suscité des préoccupations dans plusieurs capitales. Les CV des candidats étaient accessibles uniquement dans une salle sécurisée, ce qui a renforcé les critiques sur l’opacité du processus.

Préoccupations liées aux conflits d’intérêts

L’APPF a récemment attiré l’attention en raison de l’initiative de son directeur sortant, Pascal Schonard, visant à interdire le parti d’extrême droite Europe des Nations souveraines pour violation des valeurs de l’UE. Ce contexte sensible a conduit les diplomates à estimer que la nomination du nouveau directeur nécessitait une attention accrue.

Mercredi dernier, Musquar a signé une déclaration d’indépendance, affirmant qu’il n’était pas en situation de conflit d’intérêts. Cependant, son profil LinkedIn et ses publications sur les réseaux sociaux montrent un soutien à plusieurs personnalités politiques de centre-droit, notamment au sein du Parti populaire européen (PPE).

Musquar est également perçu comme devant contrôler directement les finances du PPE, dont François-Xavier Bellamy, trésorier du parti, est une figure éminente. Les douze partis politiques paneuropéens sont principalement financés par le budget du Parlement.

Selon des documents consultés, Musquar devrait percevoir un salaire d’environ 12 000 € par mois. Bien que l’APPF soit théoriquement indépendante, le PPE demeure une force politique dominante au sein des institutions européennes.

Musquar n’a pas encore répondu aux demandes de commentaires sur cette situation.

(Source : Euractiv)

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