Tempête dévastatrice sur la production de roses d’Antibes : le 9 juin 1971
Dans la nuit du 9 au 10 juin 1971, une tempête de grêle a frappé la région d’Antibes, causant des destructions massives dans les serres horticoles. Ce phénomène météorologique a laissé près de 700 familles dans une situation désolante.
Un orage meurtrier
Vers 4 heures du matin, une tempête violente s’est abattue à l’est d’Antibes, épargnant le centre-ville mais ravageant les cultures du quartier de La Fontonne. Selon Nice-Matin, près de 300 hectares de cultures ont été touchés par un bombardement de grêlons pesant jusqu’à 125 grammes. Les conséquences ont été immédiates : un quart d’heure après le passage de l’orage, la zone sinistrée présentait un spectacle de désolation.
Le verre des 432 serres touchées a été réduit en éclats, rendant les cultures de roses, d’asperges et d’œillets méconnaissables. Luc Péfau, auteur de Les Mémoires de la Fontonne, a décrit la scène tragique où les morceaux de vitre se sont mêlés aux plantes en pleine floraison.
Mobilisation sans précédent
Pour faire face à cette catastrophe, il a fallu mobiliser près de 1 000 hommes pendant dix jours pour déblayer les 12 000 tonnes de verre brisé. Des horticulteurs, des employés municipaux d’Antibes et de Cannes, ainsi que des sapeurs-pompiers se sont unis pour aider. La situation a même nécessité l’intervention de l’armée, avec environ 400 militaires sur le terrain, suite à une demande du ministre de l’Économie de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing.
Impact économique
Les pertes financières ont été colossales. Les premières estimations évoquent un montant de plus de 20 millions de francs pour le verre brisé et 20,5 millions pour les récoltes perdues. Bien que des mes d’aide aient été mises en place, comme l’exonération de la TVA sur les matériaux de reconstruction, beaucoup d’horticulteurs, souvent non assurés, ont dû faire face à des défis financiers insurmontables. De nombreuses familles se sont déclarées en faillite, marquant le début de la fin de l’âge d’or de l’horticulture à Antibes.
Les intempéries, combinées à la concurrence accrue, notamment celle des Pays-Bas, ont réduit le secteur à une poignée d’exploitations actives au début des années 2000. Aujourd’hui, la célèbre rose d’Antibes est presque tombée dans l’oubli.
Source : Nice-Matin
