Témoignage : Une Varoise raconte l’après-incendie
Margot Pastor Michelot, 36 ans, a connu l’horreur il y a cinq ans en perdant sa maison dans un incendie survenu en plein mois d’août, à Gonfaron, dans le Var. Départ en urgence, relogement, cagnotte… Elle témoigne de son vécu et de sa volonté de revenir habiter là où tout a brûlé.
Alors que le Var est actuellement le théâtre d’un incendie dans les secteurs de Pontevès, Correns et Barjols, les messages de soutien affluents sur les réseaux sociaux pour aider les sinistrés. Margot, qui a été elle-même victime d’un incendie en août 2021, comprend la détresse des personnes touchées. Ce feu, causé par un mégot, a coûté la vie à deux personnes et brûlé près de 7 000 hectares en quelques jours.
Le 16 août 2021, le feu a débuté sur l’aire de Sigues, sur l’A57, et s’est rapidement dirigé vers Cogolin et Grimaud, où réside Margot. Elle se souvient : « On voyait que le feu était proche, mais on ne pensait pas à de telles conséquences. » Le 17 août, alors qu’elle est chez elle avec sa famille, l’évacuation se fait rapidement. « Mon mari m’a lancé ‘prends la petite, va-t-en !’. J’ai pris ma fille, mon chat, une paire de tongs, une robe, un biberon et je suis partie. »
La famille se rend chez des proches, mais apprend rapidement que leur maison n’est plus. « Mon beau-frère, pompier volontaire, a confirmé que tout était détruit. J’étais complètement effondrée », raconte-t-elle. Elle évoque la perte de souvenirs précieux, notamment ceux de la naissance de sa fille.
Le lendemain, son mari constate les dégâts : la maison est entièrement calcinée. Après le drame, sa sœur met en place une cagnotte qui atteindra 10 000 euros. « Ça a été un énorme coup de pouce. Des gens de toute la France nous ont aidés », souligne Margot. Grâce à la générosité des donateurs, ils ont pu récupérer des meubles et des vêtements, ainsi que des matelas offerts par la mairie de Grimaud.
« Avec le temps, on se refait, mais il faut s’entourer. C’est une grosse épreuve qui arrive d’un coup. Si on le demande, les gens peuvent être très solidaires », affirme-t-elle. Margot insiste sur l’importance de demander de l’aide, même si cela peut sembler difficile. « Sur le moment, on a l’impression de quémander, mais on n’a plus le choix. »
Deux ans après l’incendie, en 2023, Margot et sa famille réintègrent leur maison. « On était tellement bien là-bas qu’on a voulu y revenir. On veut que notre fille connaisse le Var », conclut-elle. Margot reste cependant consciente des risques, surtout après les récents incendies.
Des services d’aide sociale et psychologique sont proposés par certaines communes pour soutenir les personnes sinistrées dans l’incendie de Pontevès.
Source : ICI Côte d’Azur
