L’intégralité des femmes de chambre et leur gouvernant général de l’hôtel L’Imperator à Nîmes, dans le Gard, se sont mis en grève dimanche 26 juillet 2026. Cadences jugées trop lourdes, sous-effectif, linge bloqué par les fournisseurs et manque de considération. les salariées dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail.

Une mobilisation rare dans l’hôtellerie de luxe à Nîmes. Ce dimanche matin, les clients de l’hôtel 5 étoiles Maison Albar L’Imperator ont trouvé porte close. Les 15 femmes de chambre de l’établissement ont arrêté le travail. Elles se sont rassemblées devant l’entrée pour dénoncer leurs conditions de travail.

Un soutien de poids s’est joint au mouvement. Leur propre manager, Nicolas Viala, gouvernant général de l’hôtel, a décidé de débrayer avec elles. Il affirme avoir alerté sa hiérarchie à plusieurs reprises sur le manque de personnel. Pour lui, la situation n’est plus tenable. « Si je n’ai pas mon équipe, je ne suis rien », explique-t-il.

La principale revendication concerne la charge de travail. La direction demande d’effectuer le ménage d’une chambre en 30 minutes maximum, alors que le nettoyage complet d’une suite prend entre 45 et 50 minutes. La réception exige les chambres dès 11 heures pour préparer les arrivées de 15 heures.

Ikram Ouadeh, femme de chambre depuis cinq ans, doit gérer entre 12 et 13 chambres par jour, souvent seule. « Ils veulent la qualité, mais ils veulent nous donner beaucoup de chambres », déclare-t-elle. « On est que des humains, on a deux mains et deux pieds. »

Cette pression impacte la santé des équipes. Plusieurs salariées rapportent avoir perdu du poids à cause de pauses repas sautées. Les repas fournis par l’établissement sont jugés insuffisants, et beaucoup apportent leur propre nourriture. La fatigue accumulée nuit à leur vie personnelle.

Il n’y a pas de revalorisation de salaire, pas de motivation, pas de reconnaissance.

Ikram Ouadeh – Femme de chambre à L’Imperator

Un sentiment d’abandon se fait également sentir. Ikram Ouadeh, diplômée infirmière au Maroc, a sollicité une formation de gouvernante pour évoluer, mais n’a obtenu aucune réponse après cinq ans de service.

Les problèmes de matériel persistent. Nicolas Viala a dû financer lui-même des tenues pour certaines salariées, et les approvisionnements manquent régulièrement. Les fournisseurs bloquent parfois les livraisons en raison de factures non réglées.

La situation handicape le fonctionnement de l’hôtel en pleine haute saison. Ce samedi, la blanchisserie a suspendu ses livraisons de linge propre, confirmant que le fournisseur n’avait pas été réglé. Le gouvernant général explique parfois devoir acheter du papier toilette personnellement.

Le syndicat CGT soutient la mobilisation. Son délégué, David Goslin, souligne l’écart entre le prestige de l’hôtel et la réalité du travail. Il indique que les femmes de chambre doivent manipuler des chariots de 100 kilos seules dans les escaliers.

Dans un hôtel 5 étoiles, on voit toujours le côté brillant, mais l’arrière-boutique, c’est la mine.

David Goslin – Délégué syndical CGT à L’Imperator

La CGT dénonce également des règles d’hygiène et de sécurité non respectées, notamment des vestiaires mixtes, contraires au Code du travail. Une procédure est en cours auprès de l’Inspection du travail concernant les salaires et la sécurité. Des discussions doivent s’ouvrir dans les prochaines semaines pour traiter les revendications du personnel. La direction de l’hôtel n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Source : France 3 Occitanie

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