À Paris, le biscuit le plus moche de l’été vient-il d’Italie ?
Cet été, inutile de prendre un train pour Milan ou les lacs italiens pour goûter à l’une des spécialités les plus étonnantes de la péninsule. À Paris, quelques pâtisseries perpétuent la tradition des brutti ma buoni, littéralement « moches mais bons ». Avec leur forme irrégulière et leur allure peu photogénique, ces petits biscuits aux noisettes semblent tout droit sortis d’une fournée ratée. Pourtant, ils sont vénérés en Italie depuis des générations.
Chaque pays possède ses spécialités incontournables. L’Italie a ses glaces, ses pizzas, ses cannoli. et ses brutti ma buoni. Moins connus que les grands classiques de la gastronomie transalpine, ces petits biscuits occupent pourtant une place à part dans le cœur des Italiens, notamment dans le nord du pays. Dès les beaux jours, on les retrouve dans les pâtisseries familiales, sur les tables de fêtes ou au moment du café partagé entre amis. Leur nom intrigue autant qu’il amuse : brutti ma buoni, « moches mais bons ». Une promesse difficile à contester dès le premier regard.
Ces biscuits sont originaires du nord de l’Italie, principalement du Piémont et de la Lombardie, deux régions réputées pour leurs noisettes et leurs amandes. Plusieurs villes revendiquent leur invention, notamment Gavirate et Alessandria. Selon l’une des versions les plus répandues, un pâtissier aurait obtenu un résultat esthétique catastrophique. Les biscuits étaient irréguliers, cabossés, loin des standards raffinés de la pâtisserie italienne. Avant de les jeter, il les aurait goûtés. Le verdict fut immédiat : l’apparence pouvait rester, la recette aussi. Le brutti ma buoni était né.
Derrière son allure rustique se cache une recette d’une simplicité désarmante. Les ingrédients de base tiennent sur une courte liste : des blancs d’œufs, du sucre et des fruits secs, généralement des noisettes grillées, parfois des amandes. La préparation demande un véritable savoir-faire, avec des étapes telles que la torréfaction des fruits secs et la cuisson légère du mélange avant le passage au four. Les biscuits sont ensuite déposés à la cuillère en petits tas irréguliers, dans un esprit de maladresse qui fait partie intégrante de la recette.
À l’heure où les réseaux sociaux regorgent de pâtisseries impeccablement calibrées, le brutti ma buoni apparaît presque comme un acte de résistance. Il refuse les codes de la perfection visuelle. Pas de glaçage sophistiqué, pas de décoration minutieuse, juste quelques ingrédients simples et un goût qui fait le reste.
À Paris, certaines adresses perpétuent la tradition italienne, comme la pâtisserie Pasticceria Simona, où l’on peut déguster une version fidèle à la recette originale. Ce biscuit, né d’une prétendue erreur, est devenu un classique de la pâtisserie italienne, rappelant que le goût finit souvent par l’emporter sur l’apparence.
Source : France 3 Régions.
