Des projets de recherche en Bretagne portent des noms inattendus tels que APERO, PROSECO, PROLIFIC ou encore COCORISCO. D’autres se nomment UNLOCK, DESIR, WAOW, PEPITO, BROUHAHA, AVENTURE, FRIGO ou HOPOPOP. Ces intitulés, bien que surprenants, soulèvent une question : pourquoi choisir de telles appellations pour des projets à vocation sérieuse ?
Simplifier les échanges
« Avant tout, il faut savoir qu’il est souvent obligatoire de proposer un acronyme pour son projet lorsque l’on répond à des appels à financements, qu’ils soient régionaux, nationaux ou internes à une université », explique Benoît Feildel, chercheur au laboratoire Eso et vice-président sciences et société de l’Université Rennes 2. Cette exigence vise à faciliter les échanges autour de projets qui peuvent avoir des titres longs et techniques. « Si aucun point n’est attribué sur la qualité de l’acronyme, cela peut permettre de se démarquer dans un espace concurrentiel et très normé. L’acronyme devient un élément sur lequel les équipes peuvent se pencher un bon moment », précise-t-il.
Pour illustrer ce point, il cite le projet TISSAGE, qui signifie « triptyque science-société pour agir ensemble ». Ce projet a pour but de rassembler citoyens, chercheurs et décideurs. « Dans ce cas, le choix de l’acronyme témoigne bien de ce qu’est le projet, raconte son objectif de tisser des liens. Il nous a permis, durant trois ans, de parler à un public large sans utiliser de jargon, tout en donnant l’ambiance générale de nos actions », ajoute-t-il.
Pas « juste pour rigoler »
Gudrun Ledegen, responsable du projet VasyFranco, qui signifie « variation syntaxique en français ordinaire dans la francophonie », au sein du laboratoire rennais de linguistique PREFICS, partage cette vision. « Ce genre de titre drolatique et un peu bizarre retient l’attention. Les gens vont demander de quoi le projet parle », déclare-t-elle. Bien que des séances de brainstorming soient nécessaires, elle insiste sur le fait que le titre doit avoir une cohérence et mettre en valeur un projet novateur. Dans son cas, l’objectif est de valoriser le travail sur les francophonies, un domaine encore peu financé. « Quand c’est drôle, on retient. Et si tout est cohérent, alors ces sigles fonctionnent comme une bonne publicité », conclut-elle.
Source : Article sur les projets de recherche en Bretagne.