Une liquidation, ce serait un coup dur

À quelques heures de la décision du tribunal de commerce, les salariés de Fibre Excellence retiennent leur souffle. Ce dimanche 26 juillet 2026, ils ont renforcé leur mobilisation aux portes de leur usine de Saint-Gaudens. La CGT a également publié une vidéo critiquant l’indifférence présumée d’Emmanuel Macron et du gouvernement envers l’avenir de cette industrie.

À la veille de la décision du tribunal de commerce de Toulouse concernant l’offre de reprise du dernier fabricant de pâte à papier en France, Fibre Excellence, la tension est palpable. Le bras de fer, qui dure depuis des semaines suite au placement en redressement judiciaire, se poursuit. Les 660 salariés, répartis sur les deux sites de production de Saint-Gaudens et de Tarascon, devraient connaître leur sort ce lundi 27 juillet 2026 à 9 heures.

Des camions de transport de bois ont été placés à l’entrée de l’usine pour renforcer la « barrière de protection » contre toute intrusion extérieure. Clément Taillebresse, salarié depuis 14 ans à l’usine de Saint-Gaudens, exprime sa fierté de travailler là : « Tout le monde connaît la cellulose. J’y travaille et ma compagne aussi, alors l’usine a une grande place dans notre vie quotidienne. » Il souligne l’importance de l’usine pour le territoire et l’angoisse qui règne parmi les salariés face à la possibilité de perdre leur emploi.

La CGT a publié une vidéo mettant en lumière le contraste entre la situation des salariés et le départ en vacances des ministres, illustrant une réalité sociale en opposition à la fête gouvernementale. « Pendant que certains trinquent, d’autres s’inquiètent pour demain », déclare l’organisation syndicale.

Depuis le placement en redressement judiciaire de Fibre Excellence en avril 2026, les salariés vivent dans l’angoisse. Les collectivités régionales d’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont soutenu un long processus pour aboutir à une offre de reprise, tandis que le soutien de l’État a été réclamé.

Matthieu Pigasse est l’unique repreneur déclaré, mais des doutes subsistent sur la viabilité de son offre, notamment après des critiques du ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a qualifié son investissement de « cinq misérables millions d’euros ». Cette situation a relancé les appels à l’arbitrage d’Emmanuel Macron.

À moins de 24 heures de la décision du tribunal, la mobilisation des salariés s’est intensifiée, symbolisée par le placement de cinq camions à l’entrée du site. Les salariés, suspendus à la décision du tribunal, retiennent leur souffle, conscients que l’avenir de leurs emplois et de l’industrie locale est en jeu.

Source : France 3 Régions

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