Quand le travail vire au cauchemar : le cas d’un enseignant confronté au harcèlement moral
Un professeur d’une école privée d’esthétique et de coiffure a récemment été licencié pour inaptitude après avoir subi des pressions psychologiques sévères. La directrice de l’établissement a multiplié les humiliations, allant jusqu’à le rabaisser devant ses élèves et clients, et lui a crié des insultes comme « débile ». Cette situation a entraîné des crises d’angoisse, attestées par son médecin généraliste.
D’après un arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation en 2013, ce type de harcèlement est loin d’être un cas isolé. Les recueils de jurisprudence montrent que l’humiliation et la vexation sont des pratiques fréquentes dans des environnements de travail dominés par des petits chefs.
Le harcèlement moral, introduit dans le Code du travail en 2002, a été défini comme l’exercice abusif d’un pouvoir, un concept popularisé par la psychiatre Marie-France Hirigoyen dans son ouvrage Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien. Elle a souligné que le harcèlement moral ne se limite pas à des relations interpersonnelles mais peut également émaner de méthodes de gestion défaillantes.
En 2009, la Cour de cassation a élargi la définition du harcèlement moral pour inclure les méthodes de gestion des supérieurs hiérarchiques, qualifiant certaines d’entre elles de harcèlement moral. Ce phénomène, appelé « harcèlement moral managérial », se manifeste par des pressions constantes et des reproches incessants, visant à diviser les équipes.
Une autre dimension de cette problématique est le harcèlement moral institutionnel, reconnu par la chambre criminelle de la Cour de cassation dans le cadre des suicides chez France Télécom. Ce type de harcèlement est souvent une stratégie mise en place au plus haut niveau de l’entreprise, affectant l’ensemble des salariés.
La reconnaissance récente du harcèlement moral et sexuel d’ambiance par la chambre sociale de la Cour de cassation souligne que même ceux qui ne sont pas directement ciblés par une atmosphère de travail toxique peuvent souffrir et obtenir réparation.
L’organisation du travail est désormais au cœur des préoccupations concernant le harcèlement moral, marquant un changement de perspective dans la législation et la jurisprudence.
Source : Cour de cassation
