Photos professionnelles générées par IA : les questions RGPD que toute entreprise devrait poser

Photos professionnelles générées par IA : les questions RGPD que toute entreprise devrait poser

Les générateurs de portraits professionnels par IA attirent de plus en plus les entreprises. Cependant, confier les visages de ses collaborateurs à une IA ne s’apparente pas à un achat logiciel classique. Des questions cruciales se posent.

Un changement dans le secteur des portraits professionnels

Le coût d’une séance photo en studio varie entre 100 et 500 euros par personne, impliquant un photographe, un créneau et des retouches. Face à ces coûts, les directions marketing se tournent vers des générateurs de portraits par IA qui promettent des résultats similaires en quelques minutes et à un prix réduit, tout en garantissant une cohérence visuelle entre les collaborateurs.

Cependant, la différence majeure réside dans le traitement des données personnelles, notamment en regard du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), souvent négligée jusqu’à la signature des contrats.

Le visage comme donnée sensible

Une photographie n’est pas considérée comme une donnée biométrique au sens strict du RGPD, sauf lorsqu’elle est traitée de manière à permettre l’identification unique d’une personne. Les générateurs de portraits analysent les traits du visage pour créer des modèles reproduisant fidèlement l’individu, ce qui peut déclencher un traitement de données sensibles, selon l’article 9 du RGPD. Cela nécessite un consentement explicite des collaborateurs et une transparence sur l’utilisation des données.

Modèle mutualisé ou modèle privé : une question essentielle

Tous les générateurs de portraits ne fonctionnent pas de la même manière. Il est crucial de déterminer si les photos de vos collaborateurs sont utilisées pour créer un modèle individuel ou si elles alimentent un modèle mutualisé. Dans le premier cas, chaque personne a un modèle privé ; dans le second, les visages contribuent à un système qui profite à tous les clients, ce qui soulève des questions sur le consentement et le contrôle des données.

Cinq questions à poser avant de signer

  1. Où sont stockées les données ? L’hébergement en Europe doit être précisé, car les données peuvent être réparties sur plusieurs infrastructures.

  2. Qui sont les sous-traitants ? Un prestataire sérieux doit identifier ses sous-traitants et leur localisation dans sa politique de confidentialité.

  3. La suppression des données est-elle effective ? Il est essentiel de s’asr qu’un mécanisme de suppression des données est en place, au-delà d’une simple promesse.

  4. Que devient le modèle entraîné à la fin du contrat ? Si le modèle persiste après la résiliation, le contrôle sur les données est compromis.

  5. Les portraits générés sont-ils identifiables ? Avec l’AI Act européen, des obligations de transparence s’appliqueront bientôt, ce qui rend cette question cruciale.

Une spécificité française à considérer

La France a une culture du portrait professionnel plus rigoureuse, où la photo sur le CV est la norme. Cela rend le marché français particulièrement attentif aux questions de conformité liées à l’utilisation de ces outils.

La transparence comme critère d’achat

Il est essentiel que les entreprises posent ces questions pour garantir la conformité et la sécurité des données. L’IA générative appliquée au visage humain nécessite un contrôle accru pour asr la protection des données personnelles.

Source : Journal du Net.

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