L’Union européenne a infligé à Google une amende record de 890 millions d’euros pour des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la recherche en ligne et sur son magasin d’applications, le Play Store. Cette décision, annoncée jeudi, marque un tournant dans l’application du règlement sur les marchés numériques (DMA), qui vise à lutter contre les abus de position dominante des grandes entreprises technologiques.
L’amende, représentant 0,22 % du chiffre d’affaires mondial de Google, estimé à 350 milliards d’euros, se divise en deux volets. Google a été condamné à verser 460 millions d’euros pour avoir favorisé ses propres services dans les résultats de recherche, en mettant en avant des outils de réservation d’hôtels, de vols et de restaurants au détriment de la concurrence. La seconde sanction, de 430 millions d’euros, concerne le Play Store, où Bruxelles reproche à Google d’avoir restreint l’accès des consommateurs à des applications rivales, les maintenant ainsi captifs.
Cette amende est la plus élevée jamais imposée par l’Union européenne dans le cadre de la réglementation sur les marchés numériques, surpassant les amendes précédentes infligées à Apple (500 millions d’euros) et Meta (200 millions d’euros) en avril 2025. La Commission européenne a précisé que le montant des amendes a été déterminé en fonction de la gravité et de la durée des infractions.
Depuis le début des enquêtes en mars 2024, la Commission a engagé un « dialogue constructif » avec Google, participant à plus de 80 réunions. Le géant américain dispose de soixante jours pour se conformer à la décision ou faire appel, sous peine de pénalités pouvant atteindre 5 % de son chiffre d’affaires.
Cette décision intervient alors que des tensions commerciales se dessinent entre l’UE et les États-Unis, notamment avec des parlementaires républicains appelant à des représailles si l’UE maintient des pratiques jugées discriminatoires envers les entreprises américaines.
Google a dénoncé la décision, arguant qu’elle nuit à la concurrence et dégrade les produits pour les consommateurs européens. En parallèle, un eurodéputé a averti que cette amende ne devait pas servir de prétexte à des représailles de la part des États-Unis.
En septembre 2025, Google avait déjà été condamné à une amende de 2,95 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne, et une enquête est en cours depuis décembre sur le traitement des sites d’information dans Google Search.
Source : Journal du Net
