Auch : Le nouveau droit à « l’aide à mourir » salué par la population
Une semaine après l’adoption de la loi instaurant un droit à « l’aide à mourir », les réactions au sein de la population d’Auch, dans le Gers, sont largement positives. Jeunes, retraités et personnel soignant voient en cette législation une avancée sociétale significative.
Le 15 juillet, l’Assemblée nationale a adopté ce texte considéré comme « historique » par Pierre Juston, secrétaire général adjoint de l’Association du droit de mourir dans la dignité (ADMD). Pour lui, cette loi représente une émancipation de l’individu. « C’est une loi d’émancipation de l’individu, par lui-même et pour lui-même », a-t-il déclaré.
Cependant, cette avancée n’a pas été sans résistance. Juston évoque des menaces et des insultes reçues de la part de certains groupes, notamment religieux, qui s’opposent à cette législation. Il souligne que ces voix ne représentent pas la majorité des croyants, qui partagent l’avis favorable de nombreux Français sur cette question.
Pour Juston, le droit à « l’aide à mourir » est une récupération d’une liberté qui était « confisquée ». Il précise que cette loi répond à un besoin fondamental des personnes en fin de vie.
Eric, 58 ans, habitant Auch, partage cet avis. Ayant perdu son père d’un cancer, il estime que « les gens doivent partir sereinement, avec dignité, plutôt que de souffrir ». Il se dit prêt à recourir à cette aide si cela lui arrivait.
Un autre Auscitain, qui a souhaité rester anonyme, évoque le soulagement que représente cette loi, rappelant que des pratiques d’euthanasie ont eu lieu clandestinement dans le passé. « Avant, il fallait se cacher. Aujourd’hui au moins, on peut le faire dignement », souligne-t-il.
Quentin, 24 ans, natif de Belgique, a été surpris d’apprendre que la France adopte cette loi, son pays d’origine l’ayant fait en 2002. Il plaide pour une généralisation de ce droit à travers l’Europe.
Les soignants, comme Marine, infirmière de 25 ans, expriment également leur soutien. Elle a travaillé dans des environnements où la souffrance des patients était palpable et considère que cette loi pourrait abréger des souffrances. Elle se dit prête à participer à une procédure de ce type, tout en étant rassurée par les clauses de conscience prévues pour les professionnels de santé.
Pierre Juston rappelle enfin l’importance de développer les soins palliatifs en parallèle de cette nouvelle législation. « Il faut avancer sur deux jambes », affirme-t-il, notant qu’en Belgique, une aide à mourir sur deux se fait dans le cadre de soins palliatifs.
La loi sur l’aide à mourir marque ainsi un tournant dans la législation française, suscitant un débat sociétal sur la dignité en fin de vie.
Source : La Dépêche du Midi
