Drapés, plissés, taille haute : La tendance péplum conquiert la mode
Cette saison, la mode revient à l’essentiel. Sur les podiums de Dior, Givenchy ou Stella McCartney, une silhouette s’impose avec une évidence presque intemporelle : le péplum. Cette forme ancestrale incarne un mouvement profond où le vêtement devient une architecture du corps et un geste sculptural. L’historienne de la mode et de l’art, Hayley Edwards-Dujardin, souligne que « le péplum puise son origine dans l’Antiquité grecque », dérivant du péplos, un vêtement drapé qui sublimait les lignes féminines.
Le péplum contemporain ne se contente pas d’orner, il structure et articule. Sur les vestes, cette pièce phare de la saison, la taille est précise, presque corsetée, avant de s’ouvrir en volume. Ashlynn Park, créatrice du label new-yorkais Ashlyn, affirme que cette forme est à la fois familière et ouverte à réinterprétation. Elle note que le déplacement du centre de gravité, par une taille légèrement remontée, allonge la silhouette.
Les techniques employées varient selon les matières, avec des panneaux courbes créant l’illusion du péplum. Les tissus s’enroulent autour du corps et évoquent des formes antiques. Hayley Edwards-Dujardin précise que « le drapé antique n’est jamais décoratif ; il est structurel, organisant le mouvement sans enfermer le corps. »
Cette tendance, bien que cyclique, rappelle des innovations passées. Dès le début du XXe siècle, Mariano Fortuny a créé la robe Delphos, inspirée des chitons grecs, tandis que des créatrices comme Madame Grès et Madeleine Vionnet ont transformé le drapé en art sculptural. Edwards-Dujardin note que la mode ne cite jamais l’Antiquité « pure », mais la réinterprète à travers d’autres périodes, notamment le XVIIIe siècle.
Le lien entre mode et art est particulièrement évident cette saison, avec des collections inspirées par des œuvres classiques. Le printemps-été 2026 prolonge cet héritage, offrant une stabilité formelle et symbolique dans un monde en mutation.
Le péplum, en tant que style modulable et fonctionnel, devient une présence affirmée dans les collections actuelles. Son succès semble se poursuivre, avec des adaptations modernes qui intègrent confort et structure, tout en évitant de tomber dans la rigidité.
Dans ce contexte, la mode se transforme en mémoire vivante, permettant d’habiter l’histoire et l’art sans se figer dans le passé.
Source : Marie Claire
